"> Okkervil River - Live Report - Indiepoprock

Okkervil River


Okkervil River aura marqué cette année en sortant "The Stand-Ins", suite surnaturelle de "The Stage Names", un album aux multiples facettes, regorgeant comme d’habitude de chansons sublimement écrites. Car c’est bien cela la force majeure d’Okkervil River : le talent d’écriture de l’ovniesque Will Sheff. La salle de l’Alhambra était, ce soir là, loin d’être pleine. […]

Okkervil River aura marqué cette année en sortant "The Stand-Ins", suite surnaturelle de "The Stage Names", un album aux multiples facettes, regorgeant comme d’habitude de chansons sublimement écrites. Car c’est bien cela la force majeure d’Okkervil River : le talent d’écriture de l’ovniesque Will Sheff.

La salle de l’Alhambra était, ce soir là, loin d’être pleine. Will passe, dans la foule s’accumulant petit à petit, anonymement, pour aller chercher une bouteille d’eau.  Après une attente assez longue, nous pouvons enfin profiter de la première partie assurée d’abord par Lawrence Arabia. Un jeune blondinet maigrichon arrive sur scène accompagné de ses acolytes barbus aux coiffures invraisemblables. Le blondinet commence à chantonner un air frais et léger sur une simple ligne de guitare acoustique, le regard en l’air et coiffé d’un bonnet que Robin des Bois aurait, à coup sûr, adoré. La prestation offerte par les anglais est bluffante, honnête et très dynamisante. Ce qui malheureusement n’a pas été le cas de Katrine Ottosen qui a suivit (Photo 1). Armée de quelques claviers et sons étranges, son répertoire est incontestablement électro, proche de ce que Björk pourrait faire. Elle a littéralement fait fondre le public masculin de la salle grâce à ses yeux d’anges et sa sublime robe, mais le rythme de sa musique était beaucoup trop mou et ne collait pas avec ce qui suivant.

21h30, les premières parties sont finies, et la bande de Will Sheff arrive sur scène. Les six membres d’Okkervil River (Photos de 2 à 12) prennent place et envoient pendant une heure et demie un répertoire très maîtrisé en live, au rythme d’un train à grande vitesse en démarrant par trois cartons issus de "The Stage Names" et sa moitié "The Stand Ins" (Plus Ones, Singer Songwriter et A Hand To Take Hold Of The Scene). Grand, démantibulé, habillé de sa plus modeste chemise blanche,  les yeux munis de petites lunettes rondes, débordant d’énergie, Will Sheff donne du début à la fin tout ce qu’il a dans les tripes. Accompagné de musiciens généreux, souriants et particulièrement investis, le concert est un extraordinaire moment de partage avec un public respectueux et fondu des chansons touchantes du groupe. C’est avec plaisir que l’on écoute quelques extraits de "Black Sheep Boy" comme Black, The Latest Thoughts, A Stone et le diptyque Black Sheep Boy/For Real (le moment le plus fort du concert d’ailleurs, où le public se laisse aller à quelques sautillements).

Suivent des tubes de valeur très sure comme Lost Coastlines, Our Llife Is Not A Movie Or Maybe, Unless It Kicks qui nous laissent pantois. Le groupe nous salue, se retire de la scène mais revient quelques minutes plus tard sous de chauds applaudissements pour un rappel plus que mémorable avec une version très travaillée pour la scène de A Girl In Port, et deux petites pépites (Okkervil River Song et Westfall).  

Après une heure et demie de rock américain sauvage, où l’on a voyagé au cœur des Etats-Unis, le constat est simple à faire : Okkervil River est excellent sur album, mais bien meilleur sur scène, tant le groupe surpasse les schémas de studios. Avec foi, et plaisir, le groupe joue sans compter les minutes, éclate ses chansons pour les bricoler autrement sur scène. Will crie, crache, transpire, et nous remercie pour l’accueil. Que demande le peuple ?

Crédits Photos : FXR

Chroniqueur
  • Publication 309 vues3 novembre 2008
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