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Comme l’an dernier, une partie de la rédaction d’Indiepoprock avait décidée d’aller se dorer la pilule sous le soleil catalan tout en s’injectant dans les oreilles les hectolitres de décibels (parce que la bière dans les oreilles c’est gâché) déversés par la crème indé internationale, des jeunes pousses pleines de sèves aux vieilles branches encore vertes. Cette année le festival catalan avait en plus eu la bonne idée de proposer une pré-soirée à l’affiche particulièrement alléchante sur le site du Poble Espanyol où se sont tenues les 4 premières éditions du Primavera avant de déménager pour celui plus grand du Forum.
Une fois le précieux pass récupéré (ce qui nous évitera une bonne heure d’attente le lendemain), on pénètre sur le magnifique site historique pendant le set des japonaises de Nisennenmondai. Leur mélange instrumental de krautrock et de rock expérimental électrise le public déjà nombreux en cette fin d’après-midi sous les chauds rayons du soleil barcelonais. On ne peut pas en dire autant du trio costaricien Las Robertas (2 filles, 1 garçon), qui propose un son noisy/garage que l’on ne peut s’empêcher de comparer à celui de 2 groupes de filles (Dum Dum Girls et Vivian Girls), en moins bien…On continue notre tour du monde de la planète indé avec un premier stop en Angleterre, chez la joyeuse et nombreuse bande de Comet Gain (7 à 8 sur scène). Changement d’ambiance puisque la pop fait enfin son apparition sous le soleil déclinant. Pas inoubliable mais suffisamment frais et plein d’entrain pour nous faire passer un bon moment. Après ces mises en bouche les choses sérieuses peuvent commencer avec l’évènement de la soirée, les vétérans Echo & The Bunnymen rejouant leurs 2 premiers albums, "Crocodiles" et "Heaven up Here", tous 2 enregistrés au début des années 80. Malgré l’écran de fumée qui recouvre la scène et les treillis camouflages, les hérauts post-punk ne peuvent cacher le poids des ans…et quelques bedaines. Ian Mc Culloch, seul survivant du line-up originel avec le guitariste Will Sergeant, fait honneur à sa réputation de caractériel en insultant copieusement pendant tout le concert un technicien coupable de tous le maux pour le frontman anglais. Pourtant, hormis quelques problêmes techniques, il n’y pas grand chose à redire sur l’interprétation de ces 2 albums si ce n’est que l’on aurait aimé naître un peu plus tôt pour profiter du groupe quand il était au sommet. Cette pré-soirée se termine en apothéose avec le très attendu Dan Snaith, plus connu sous le nom de Caribou. Son électronica psyché fait merveille en fin de soirée, notamment sur les tubes des "Swim" (Odessa, Found Out et pour finir l’hypnotique Sun) qui transforment le Poble Espanyol en dance-floor géant.
Crédit photos : Dani Canto