"> Rock en Seine :: 30 Août 2009 - Live Report - Indiepoprock

Rock en Seine :: 30 Août 2009


Troisième et dernier jour,  à priori le plus intéressant avec le premier. Le festival affiche de nouveau complet, la deuxième fois dans la même édition, du jamais vu puisque seul Radiohead en 2006 avait réussi à mettre une journée sold-out. Problême : après avoir arpenté le Parc de Saint-Cloud en long, en large et en […]

Troisième et dernier jour,  à priori le plus intéressant avec le premier. Le festival affiche de nouveau complet, la deuxième fois dans la même édition, du jamais vu puisque seul Radiohead en 2006 avait réussi à mettre une journée sold-out. Problême : après avoir arpenté le Parc de Saint-Cloud en long, en large et en travers pendant 2 jours, avoir sauté comme un dingue pendant tout le set de Calvin Harris, avoir avalé une demi-tonne de poussière, avoir eu une hygiène alimentaire indigne de ce nom et un quota de sommeil bien en deçà des normes requises, on a un peu de mal à se faire violence pour être sur place pour les premiers concerts de la journée.

Prévoyant le coup, les organisateurs avaient placé les Canadiens de Metric en ouverture, dès 14h30. Si l’envie de voir la jolie Emily Haines, sautiller sur les titres du pourtant très bof  "Fantasies", était très forte, la fatigue eut le dernier mot et c’est donc vers 17h que l’on franchit les portes du parc. Sliimy commence son « show » sur la scène de la Cascade, étonnamment il y a du monde et l’accueil du public est plutôt froid mais correct. De loin ça ressemble à une énorme farce et surtout à une grosse erreur de casting.

On fuit rapidement la pop androgyne du Stéphanois pour se diriger vers les Eagles of Death Metal (photos 1 et 2), qui s’apprêtent à déverser des litres de sueur et de rock garage sur la grande scène. En théorie Jesse Hugues, sa moustache et sa bande savent assurer le show et faire vrombir les guitares ; leur set aura pourtant été un poil décevant, on espérait mieux de ces tubes sexy et rigolos et même au second degré, l’ensemble s’est révélé un poil poussif, en dépit d’une version tonitruante du génial Don’t Speak (I Came To Make A Bang) et à une apparition de Josh Homme sur Wannabe in L.A. ; la faute essentiellement à un manque de spontanéité et une palette musicale un peu trop limitée.

C’est une foule dense qui attendait le groupe mystère « Les Petits Pois » sur la Grande Scène ; l’excitation était palpable à l’avant de la fosse pour un groupe dont pourtant seules quelques vidéos volées étaient apparues sur Youtube. Comme annoncé depuis quelques semaines sur la blogosphère, c’est Them Crooked Vultures (photos 3 à 5) qui est monté sur scène, faisant entrer une partie du public dans un état d’hystérie. John Paul Jones, Dave Grohl, Josh Homme… trois hommes érigés par beaucoup au statut de légendes du rock’n’roll, attendus comme les messies par certains et au tournant par d’autres. Si pression il y avait, elle n’était pas du tout palpable, les 3+1 musiciens montrant clairement qu’ils étaient heureux d’être là mais aussi qu’ils étaient en pleine confiance. Et le show n’a pas déçu : John Paul Jones manie toujours aussi bien la basse, déchaînant ses doigts sur les 4 (ou 12) cordes, avec une élégance que beaucoup de rockeurs de son âge pourraient lui envier ; on aimerait avoir sa classe à 63 ans. Dave Grohl impressionne toujours autant, le batteur phare de la génération grunge martyrisant ses fûts avec une maîtrise complète sans jamais paraître peiner, en le voyant comme cela même les fans les plus acharnés des Foo Fighters ne peuvent que se réjouir de le voir retourner, enfin, derrière une batterie. Quand à Josh Homme, il assure avec son charisme habituel les parties vocales tout en assénant de savantes mélodies à la guitare. Et la musique dans tout ça ? Peu étonnamment, le premier qualificatif qui vient à l’esprit est « puissant » : avec une rythmique aussi solide et implacable, c’est une armature dense et furieuse qui supporte les envolées psychédéliques de Josh Homme. "Songs For the Deaf" rencontre "Physical Graffiti", le stoner percute le blues dans une déflagration sonore certes rarement surprenante mais dont les sommets atteignent une intensité rare. On attend avec impatience l’album, pour une fois qu’un « supergroupe » semble tenir ses promesses.

Retour sur la grande scène pour MGMT (photos 6 et 7), autre évènement attendu par une bonne partie des festivaliers à en juger par le nombre d’ados au look néo hippies-fluokids. Un look que les New-Yorkais ont depuis rangé au placard, optant désormais pour des tenues très sobres qui masquent difficilement l’air juvénile d’Andrew VanWyngarden. Le guitariste-chanteur paraît impressionné, un peu perdu sur scène par moment, apathique devant un public tout acquis à sa cause. On avait des doutes sur le rendu-live de "Oracular Spectacular" et ses tubes de l’été 2008 (Kids, Electric Feel, Time to Pretend), on a désormais des certitudes. MGMT n’est pas un groupe à voir en live, pour l’instant…

On était resté sur une prestation peu convaincante des Klaxons (photos 8 et 9) à Bercy en première partie du show Daft Punk, on attendait donc le trio au tournant de la scène de la Cascade afin de jauger des progrès live des anglais et pourquoi pas entendre quelques titres du deuxième album en préparation. On a été servi sur toute la ligne. Les Klaxons ont proposé un des sets les plus intenses de la journée, voire du festival, en combinant rock et électro, tubes de "Myths of The Near Future" (Golden Skans, Gravity’s Rainbow, It’s Not Over Yet, Magick) et nouveaux titres prometteurs. Ceux qui voyaient les Klaxons disparaître aussi vite qu’ils étaient arrivés vont devoir réviser leur jugement.

Après Oasis (RIP) le vendredi et Faith No More le samedi, Rock en Seine avait décidé de confier les clés de la grande scène à un autre glorieux ancien des années 90, Prodigy (photos 10 et 11). Le groupe anglais fut l’un des pionniers du big beat (avec entre autres les Chemical Brothers et Fatboy Slim), ce mélange rock/électro/hip hop qui déferlât sur l’Europe au milieu des 90’s. Prodigy s’est fait connaître avec "Music for The Jilted Generation" avant d’être starisé grâce à "The Fat of The Land" puis de tomber dans l’oubli ou l’indifférence avec 2 albums insignifiants. Toujours mené par les 2 frontmen déjantés, Keith Flint et Maxim Reality, Prodigy a assuré le spectacle et fait danser la marée humaine présente devant la grande scène sur ses tubes Breathe, Voodoo People, Firestarter ou encore Poison. On reste cependant plus sceptiques sur les titres de leur dernier album ("Invaders Must Die") qui ressemblent parfois à de l’eurodance…

Au final, cette édition de Rock en Seine a été un très bon cru, pour les organisateurs tout d’abord, avec un record historique de spectateurs (97 000), malgré une première journée catastrophique avec une nouvelle annulation d’une tête d’affiche (la troisième consécutive). Pour les festivaliers ensuite, car le reste de la programmation a heureusement permit d’oublier cet accroc. Rendez-vous en 2010, pour 3 jours de festival et peut être même un 4ème

Crédit Photos : Le Hiboo.

Par Nassim et…

Chroniqueur
  • Publication 125 vues5 septembre 2009
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