"> HushPuppies @ Le Batofar - 27 janvier 2005 - Live Report - Indiepoprock

HushPuppies @ Le Batofar – 27 janvier 2005


« Sur scène, les HushPuppies envoient le bois. » Interpellé par cette remarque d’un journaliste de Ouest France au lendemain de la prestation du combo mods aux Transmusicales de Rennes 2004, Indiepoprock se devait d’aller vérifier cette réputation bucheronnesque. La prestation au Batofar, concert de promo du EP « The Garden » était l’occasion rêvée. Avant d’envoyer […]

« Sur scène, les HushPuppies envoient le bois. » Interpellé par cette remarque d’un journaliste de Ouest France au lendemain de la prestation du combo mods aux Transmusicales de Rennes 2004, Indiepoprock se devait d’aller vérifier cette réputation bucheronnesque. La prestation au Batofar, concert de promo du EP « The Garden » était l’occasion rêvée.

Avant d’envoyer le bois, il faut le couper et aiguiser ses outils. Après la première partie pop sympathique des Pipos, les HushPuppies attaquent donc leur set tranquillement avec Automatic 6 : Cyrille (guitare) pianote une mélodie simple à 3 accords sur un clavier, Olive entame un chant très calme et Franck (batterie) offre quelques choeurs dans un porte voix. Morceau nostalgique, ambiance Beatles garantie, une intro tout en finesse. Dans la salle, un gars, certainement venu aussi pour la réputation d’ébéniste du groupe, gueule « on s’endort »… Quelques instants après, le gars est tétanisé, les mains sur les oreilles : le reste du groupe (Will au clavier et Guillaume à la basse) est arrivé sur scène et a changé la donne. Après quelques petits réglages, les cinq catalans ont mis la machine en route : batterie énergique, guitare affûtée qui crache des riffs saignants, basse lourde et efficace, claviers 100% vintage (un imposant Rhodes et un Korg, tout de même) et un chant aux multiples octaves. Ils enchaînent des compos garage, avec un son plus que respectable et des arrangements ingénieux, laissant de la place à chaque instrument.

Les HushPuppies trouvent rapidement leur place sur cette scène un peu étroite pour le show. Il faut dire que les gaillards gesticulent sur scène et se font plaisir, notamment sur l’excellent Pale Blues Eyes et son bridge affolant. Le public (la salle est pleine à craquer) est conquis et les minettes du premier rang semblent s’en mettre autant dans les yeux que dans les oreilles ! C’est un scoop : on peut avoir un nom de godasses, faire du bon rock et en plus être mignon. Histoire de calmer les ardeurs des prétendantes, les Hush balancent Ca peut plus durer comme ça, magnifique engueulade en français sur un beat répétitif, agressant, qui donne envie de mettre des coups de boule à son voisin!

Le calme revient un peu, laissant le public respirer et réfléchir aux paroles de ce morceau. Olive chope une guitare et, suivi par le restant de la troupe, attaque une mélodie sixties rappelant les grandes heures de Dutronc pour introduire Jacqueline Taïeb. Aussi audacieux que la traversée de la banquise en bermuda, les Hush entament 7h du mat avec la french star sixties (pour info, elle a écrit ce tube en 1967). De 3 min, l’hymne des matins difficiles est passé à 10 min et l’ex star des sixties, décidée à profiter pleinement de ce retour sur scène, fait tout ce qu?elle peut pour mettre l’ambiance : reprise du titre en anglais, quelques blagues, casting des HushPuppies… Elle ira même jusqu’à faire chanter le refrain 7h du mat aux jeunes éberlués du premier rang pour qui ce créneau horaire est un mythe aussi incroyable que le Loch Ness.

Cette séquence revival terminée, le groupe doit remettre les gaz pour faire repartir le set, un peu perturbé par ce décalage spatio-temporel. Les titres juteux comme You and me, Anybody’s answer et le tout nouveau 1975 sont des armes efficaces pour faire bouger le public. Le groupe est lâché, en transe et on ne sait plus bien s’il contrôle sa musique ou si c’est l’inverse. Les Hush jouent vite, précis, développent les morceaux, et donnent tout ce qu?ils ont. Le titre HushPuppies est repris par la foule, qui n’en comprend pas bien les paroles (c’est vrai que le refrain est compliqué) mais qui connaît bien l’air. Normal, le titre est le tube du groupe, diffusé en radio et clipé. Pour finir, les musiciens se présentent en musique puis enchaînent Behave, morceau rock dynamité qui semble ne jamais vouloir s’arrêter. C’est le dernier titre, les zicos se lâchent et Olive, n’ayant plus rien à chanter, se suspend par les pieds à une poutre du plafond avant de plonger sur la batterie.

Il peut bien se casser les cervicales, le concert est fini et tout le monde est content. Je confirme : sur scène, les HushPuppies envoient le bois !

Chroniqueur
  • Publication 163 vues27 janvier 2005
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