"> The Dresden Dolls @ La Boule Noire - 23 février 2005 - Live Report - Indiepoprock

The Dresden Dolls @ La Boule Noire – 23 février 2005


Parfois on regrette de s’être emballé un peu vite, d’avoir craché un peu vite dans la soupe ou tout simplement de ne pas avoir trouvé les mots qu’il fallait. C’est le sentiment que j’avais depuis la rédaction de cette mini-chronique du premier album des Dresden Dolls (lire la chronique), convaincu par ce que j’avais écouté […]

Parfois on regrette de s’être emballé un peu vite, d’avoir craché un peu vite dans la soupe ou tout simplement de ne pas avoir trouvé les mots qu’il fallait. C’est le sentiment que j’avais depuis la rédaction de cette mini-chronique du premier album des Dresden Dolls (lire la chronique), convaincu par ce que j’avais écouté mais sans doute trop embrouillé alors pour faire quelque chose de consistant et de qualité. Un album sur lequel on sentait sans le moindre doute que sur scène il se passait des choses.

C’est donc sans hésitation que je m’engouffre d’un pas décidé dans une Boule Noire bondée, qui réserve un accueil très mitigé à un autre duo théâtral, TEENMACHINE qui avait la lourde tâche d’assurer la première partie. Le groupe aime le folklore gothique : une grande croix, un coeur transpercé fixé au pied de micro, une chanteuse avec du sang sur les mains, la bouche, un débardeur blanc et le décor est planté. France de Griessen parle plus qu’elle ne chante sur un électro-rock assez répétitif voire hyptonique mais qui n’a pas l’air de convaincre le public, ou en tout cas une bonne moitié. Une fille sur ma droite parle avec quelques amis : « je crois que je préfère encore Dolly? » Plus tard sur le blog d’une certaine citr0n « en tout cas c’était bien de la merde. Ca m’a désespérée, et Arthur aussi. » Sans être aussi radical, disons que le groupe se complait un peu trop dans les stéréotypes alors que la formule n’est pas inintéressante. A noter une reprise de Sonic Youth, malheureusement pas beaucoup plus.

Enfin, on est bien loin du meilleur que peut donner un groupe réduit à sa plus simple expression, la suite est là pour le prouver. THE DRESDEN DOLLS prend pleine possession de la scène pour envoûter un public (déjà acquis). Amanda Palmer (plus jolie que sur papier glacé) arbore son habituelle robe-justaucorps, aisselle militante (?), porte-jarretelles retenant des bas rayés noir et blanc, alors que Brian Viglione intrigue oscillant entre le mime Marceau et l’un des droogy boys du Alex d’Orange Mécanique. Tout débute en douceur par Missed Me, le duo de Boston dévoilant progressivement son cabaret punk, clavier-batterie. On est même un peu déçu de ne pas avoir été agrippé tout de suite à la gorge. Le plus étrange est d’ailleurs de sentir que le public se laisse emporter lors de deux morceaux parus sur des faces B de 45tours introuvables et qui sont interprétés uniquement guitare (tenue par Brian)/voix.

La salle s’enflamme alors, le set se déroule montant en intensité. On reconnaît la reprise de Life on Mars de Bowie, on jubile sur le bancale Coin – Operated Boy ; les DRESDEN DOLLS jouent avec le public, communiquent beaucoup et y prennent un malin plaisir, très détendus, blagueurs, la symbiose opère. Rien n’empêche plus les fans de trépigner lorsque le groupe clôt sa prestation sur Half Jack et le bouillonnant Girl Anachronism. On applaudit à tout rompre, le groupe ne tarde pas à revenir pour un premier rappel constitué uniquement de reprises.

Après un long essai pour faire sonner sa guitare électro-acoustique, Brian décide, au grand désespoir d’Amanda, d’utiliser sa guitare hyper-saturée pour reprendre Amsterdam de Brel, en français dans le texte avant de s’attaquer à un autre monument sacré de notre patrimoine : Tous les garçons et les filles de Françoise Hardy. Succès incontestable avant le cover du très réclamé War Pig de Black Sabbath. Un deuxième rappel avec un nouveau titre et la messe est dite, THE DRESDEN DOLLS, sans esbroufe mais avec un réel sens du show, récoltent des applaudissements amplement mérités. On espère alors déjà pouvoir croiser, à nouveau, sur scène ces drôles de poupées !

Chroniqueur