"> Electrelane @ Elysée Montmartre - 07 octobre 2005 - Live Report - Indiepoprock

Electrelane @ Elysée Montmartre – 07 octobre 2005


Après une tournée promo de « Axes » et un été de festivals, les filles de Brigthon était de passage à Paris, pour la deuxième fois cette année, pour défendre (ou rappeler) leur somptueux dernier opus. C’est dans un Elysée Montmartre, réduit de moitié que ça se joue ce soir. Ambiance plutôt conviviale, quasi privée. Les demoiselles […]

Après une tournée promo de « Axes » et un été de festivals, les filles de Brigthon était de passage à Paris, pour la deuxième fois cette année, pour défendre (ou rappeler) leur somptueux dernier opus. C’est dans un Elysée Montmartre, réduit de moitié que ça se joue ce soir. Ambiance plutôt conviviale, quasi privée. Les demoiselles vendent modestement leurs goodies à l’entrée et discutent avec quelques fans aussi réservés qu’elles. Pendant ce temps, le public se farcit Chloé Mons, son chant incohérent et ses textes touffus, appuyé par une guitare tout aussi peu convaincante. Les rares applaudissements chassent vite le duo, en espérant que Bashung aura la bonté d’aider un peu sa femme à percer dans la chanson. Berline reprend la suite, là aussi en duo chant/guitare, mais renforcé par une section rythmique pré-enregistrée. Son électro rock primaire et ses flirts discos réveillent le public anéanti par la première partie. Le guitariste s’acharne sur ses reverbs et larsens pendant que la chanteuse, en nuisette, se déhanche sur des textes assez légers. Quelques titres et quelques pains plus tard, le duo plie les bagages laissant sur toutes les lèvres la même question : qu’est ce qu’on fout là ? Electrelane n’aurait elle pas mérité une mise en bouche plus à propos ?

Les demoiselles arrivent enfin sur scène, tranquillement, affichant leur indéniable timidité. Une à une, elles vérifient soigneusement leur matériel. Il vaut mieux car une fois branchés, elles ne laisseront aucun répit à leurs instruments. Après une intro fracassante sur 1,2,3, lots suivie de Bells, la quasi-totalité de « Axes » est joué ce soir. Le set est donc essentiellement instrumental, laissant la place aux dérives et montées explosives dont Electrelane a le secret, sur It not now when ? ou Those pockets are people notamment. Verity passe du clavier aux guitares, épaulée par les riffs abrasifs de Mia. La guitariste, sous ses airs coincés d’instit british joue avec une dextérité et une puissance déconcertante, s’amuse avec quelques larsens habilement maîtrisés et fait décoller les morceaux grâce à ces accélérations, comme sur l’explosif The partisan qui tétanise la salle par sa rage. La section rythmique, fort bien menée par Ema à la batterie et Ross à la basse (la nouvelle recrue), appuie le tout avec une précision remarquable. Les morceaux s’enchaînent très vite, sans jamais cafouiller. Et c’est là tout le talent du combo, en live comme sur leurs albums d’ailleurs. Ce rock exploratoire semble parfois partir dans tous les sens, frôlant la confusion et pourtant, il garde toujours une cohésion et une puissance remarquables. Electrelane le prouve encore ce soir en interprétant Eights steps, morceau truffé de bruitages, progressif à souhait, balançant entre le saxo de Verity et la guitare écorchée de Mia.

En une heure et deux rappels, les filles en ont fini et quittent la salle sous les ovations d’un public en extase, qui aurait bien repris quelques décibels dans les oreilles. Quand c’est bon, c’est toujours trop court.

Chroniqueur