"> Sans titre - 2006-04-30 - Paris [La Cigale] + Steeple Remove - Live Report - Indiepoprock

Sans titre – 2006-04-30 – Paris [La Cigale] + Steeple Remove


Culte dès son origine puisque projet parallèle de Efrim, guitariste gourou de Godspeed You! Black Emperor, les canadiens de A Silver Mt. Zion ont su pourtant s?éloigner du post-rock fantomatique de « Born into Trouble as the Sparks Fly Upward » pour un folk polymorphe et souvent hypnotique. Autant dire que cette date à la Cigale était […]

Culte dès son origine puisque projet parallèle de Efrim, guitariste gourou de Godspeed You! Black Emperor, les canadiens de A Silver Mt. Zion ont su pourtant s?éloigner du post-rock fantomatique de « Born into Trouble as the Sparks Fly Upward » pour un folk polymorphe et souvent hypnotique. Autant dire que cette date à la Cigale était attendue par tout fan digne de ce nom.

Pas évident alors d?ouvrir la soirée dans de telles conditions. C?est pourtant ce que font courageusement les français de Steeple Remove dans l?esprit de leur « Love Machine », dernier 45 tours en date. Ces protégés du label Third Side Records (Syd Matters, Fugu, Austine, Cocsuma?) naviguent entre artrock, krautrock et psychédélisme, tirant parfois sur le shoegazing version My Bloody Valentine. Un ensemble pas désagréable qu?il faudra sans doute suivre sur la longueur?

Mais notre tête d?affiche entre sur scène sous sa forme ?Memorial Orchestra & Tra-La-La Band?, puisque Efrim n?a su tenir sous la forme d?un trio que le temps du premier album. Ce sont donc sept personnes qui rejoignent les planches pour une formation rassemblant deux guitares, deux violons, un violoncelle, une contrebasse et une batterie. Le groupe nous entraîne alors, pour notre plus grand plaisir, dans un monde où les formatages radios n?existent pas.

Des chansons qui s?étirent comme un cha(n)t au soleil, qui jouent à cache-cache avec des structures alambiquées sans pour autant jouer les intellectuels, étranges tonalités slaves de God Bless Our Dead Marines, lourde ligne de contrebasse sur Mountains Made of Steam, montée de cordes très godspeedienne (on ne se refait pas) sur Ring Them Bells (Freedom Has Come and Gone), on retrouve tous les éléments qui nous ont séduit sur le dernier album en date, « Horses In The Sky ».

Parfois après une lente et intense progression, tout s?arrête. La voix de chaque musicien devient l?une des lignes mélodiques ou un arrangement de ses ?uvres musicales tentaculaires, ces mille-feuilles sonores, délices auditifs. Efrim vient alors poser sa voix écorchée sur cet ensemble, poussant à son paroxysme l?émotion qui s?en dégageait déjà fortement, souvent soutenu par les deux violonistes.

Après être sorti pour le principe après plus d?une heure, le groupe remonte sur scène pour deux dernières chansons, en guise de rappel. Une nouvelle composition excitante pour l?avenir, Blind Blind Blind, avant un Teddy Roosevelt’s Guns qui, même si elle décrit le Canada, est dédiée à « la France de Sarkozy et de Villepin ». Après ce court laïus politique et une allusion à la petitesse du parti communiste canadien, ce dernier morceau est étiré à l?envi pour un public de plus en plus aux anges.

Au point que personne ne désire vraiment quitter la salle en cette fin de set. Chacun applaudit, certains membres du groupe venant expliquer qu?ils ont déjà dépassé l?horaire prévu mais rien ne se passe. Les gens continuent à applaudir, les premiers décident enfin de quitter leurs places en traînant des pieds. La sono est rebranchée, son volume sonore augmenté, rien n?y fait. Les complaintes de Thee Silver Mt. Zion etc. auront fait rêver ce soir plus d?un auditeur !

Chroniqueur
  • Publication 124 vues30 avril 2006
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