">
C’est une première réussie pour Silda lors de son concert intimiste à guichets fermés, à l’Hôtel de Crancé de Châlons en Champagne ce 19 décembre dernier.
.
Une cinquantaine d’hôtes assis dégustent ses mots et mélodies, à quelques jours de Noël, enivrés, dans ce lieu d’exception. Au piano, Frédéric, son acolyte mélodique l’accompagne. L’acoustique est limpide, tout porte à voir que les ondes virevoltent au gré des moulures et du plancher d’époque XVIIe siècle. Silda dit qu’elle n’avait pas très envie de sortir, ça tombe bien le concert débute, assise presque au sol, kalimba entre les mains.

Le kalimba est un instrument africain aux sonorités douces, c’est son instrument phare sur son premier titre Je ne veux pas sortir. Elle enchaine sa setlist avec T’es rien pour moi, avec un public très proche avec lequel elle a un échange privilégié. Elle entrecoupe ses singles de discussions intimes avec les gens présents qu’elle veut graver dans sa mémoire: « je prends le temps de sculpter vos visages pour en faire une carte mentale ». Voici venu le temps de Petit Coeur, dédiée aux animaux, pendant laquelle elle montre ses chats recueillis en portrait tout en parlant de l’abandon des animaux et plaidant pour l’adoption à la SPA.

On ne peut qu’être sensible à cette belle histoire. Silda s’empare du lieu avec simplicité et proximité au sein d’une ambiance tamisée. Le public se met à faire les choeurs lorsqu’elle incorpore une reprise à la setlist, en impro dit-elle, un Déjeuner en paix cover de Stéphane Eicher qu’elle dit avoir rencontré deux fois, sur le quai de la gare de Châlons, puis lors d’une première partie à Colmar. Elle confie à son public qu’elle a enchaîné les petis boulots avant sa carrière naissante, et elle a travaillé son talent d’auteure-compositrice-interprète, pour élever ses tourments en sons vibratoires. Quelle jolie histoire lorsqu’on entend que, pendant le confinement, elle a posté une reprise de Julien Doré, devenu un duo virtuel après qu’il l’ait repérée sur les réseaux sociaux. Alors son Nous à la kalimba résonne tout particulièrement et le public entonne de nouveau les chœurs en une émouvante communion sonore.

Puis elle reprend en cover Voyages voyages (Desireless, 1986) tout en douceur avec sa touche vocale spécifique et un beau vibrato en cadeau, avant de redonner le chant à son public en interaction. Continuant sur sa lancée de reprises, Silda reprend ensuite un titre en roumain du groupe O-Zone Dragostea Din Tei (2011) qui a eu un vif succès à l’époque. L’ambiance intimiste de confidences s’efface pour laisser place à la ferveur du public et à des lumières transformant le salon particulier en discothèque. La fin approchant, et la meilleure thématique de chanson aussi, Silda s’est rendu compte qu’elle n’écrivait que des chansons de rupture. Elle est ravie d’avoir écrit C’est beau d’aimer, dernière chanson de la setlist où tout est doux, partagé et sain en amour. Enfin Silda clôt sa performance avec un dernier de ses titres, Si on s’aime, dont les paroles évoquent la virtualité qui s’est tant emparée des vies et fait souffrir en réalité. La société, Silda la chante et l’enchante avec un autre beau vibrato de fin nourrissant des applaudissements fournis.
Crédit photo : (c) Mathis Moreaux, (c) Vanessa Maury-Dubois