"> Teenage Fanclub :: Paris [Le Point Ephémère] :: 24 novembre 2010 - Live Report - Indiepoprock

Teenage Fanclub :: Paris [Le Point Ephémère] :: 24 novembre 2010


La première fois que j’ai vu Teenage Fanclub en concert, c’était en 1992. Le 24 juin très précisément, les Ecossais occupaient le Zénith en première partie de Nirvana et défendaient face à une foule indifférente voire vaguement hostile leur album "Bandwagonesque". Dix-huit ans après, cet album figure en bonne place, jamais très loin de "Nevermind", […]

La première fois que j’ai vu Teenage Fanclub en concert, c’était en 1992. Le 24 juin très précisément, les Ecossais occupaient le Zénith en première partie de Nirvana et défendaient face à une foule indifférente voire vaguement hostile leur album "Bandwagonesque". Dix-huit ans après, cet album figure en bonne place, jamais très loin de "Nevermind", dans tous les palmarès des nineties ; quant à Norman Blake et sa bande, ils ont toujours bon pied bon œil et continuent à livrer des albums de très bonne tenue comme le récent "Shadows".

A l’intérieur du Point Ephemère, le public est aussi dense que les chevelures sont clairsemées : sans surprise, le fan de Teenage Fanclub est plus vieux que le fan de Justin Bieber. L’avantage de jouer face à des spectateurs plus âgés, c’est qu’ils sont aussi plus polis : une chance pour Da Brazilians dont la prestation n’enflamme tout de même pas les foules. La pop gentillette du groupe n’est pourtant pas éloignée du classicisme de Teenage Fanclub mais la classe n’y est pas vraiment, on est plus chez Ringo Starr que chez Lennon / McCartney…

Le public se réveille sérieusement pour l’arrivée des Ecossais ; le concert démarre par un classique tiré de "Songs From Northern Britain" et l’on est tout de suite en terrain connu. Evidemment, Teenage Fanclub en 25 ans s’est très peu renouvelé, il est donc aisé de se sentir aussi à l’aise avec des morceaux récents qu’avec certains plus anciens. Au-delà d’une fidélité sans faille à une certaine idée de la pop, il faut cependant souligner que c’est bien grâce au soin qu’ils ont toujours apporté à l’écriture, à la conception de leurs chansons que ces musiciens se sont peu à peu hissés au Panthéon des meilleurs groupes pop.

L’audience, très réactive, demande à chaque pause les "vieux" morceaux d’albums qui sont maintenant des classiques, à tel point que Norman Blake paraît parfois gêné d’annoncer un morceau issu du pourtant très réussi "Shadows". Sur scène, les musiciens ne jouent pas les stars mais profitent au contraire d’une vraie connivence avec un public qui visiblement les suit depuis deux décennies. Des artistes chaleureux et honnêtes, uniquement portés par une véritable passion pour leur art, un public fervent : finalement, la recette du bonheur n’est pas bien compliquée.

Ce type de concerts doit parfois être frustrant pour le groupe, car l’accueil réservé aux morceaux les plus récents n’a rien à voir avec les acclamations qui ponctuent les plus grand classiques. Pourtant, les titres de "Shadows" (Baby Lee, Shock And Awe, When I Still Have Thee) méritent vraiment un accueil enthousiaste ! Norman Blake et les siens n’ont toutefois pas l’air d’en souffrir et s’amusent plutôt des demandes qui fusent de la foule. L’attente est finalement récompensée car après une succession de perles mélodiques, Teenage Fanclub clôt la première partie de son concert par une de ses chansons les plus emblématiques. Très attendue (et par conséquent très accompagnée par l’assistance, heureuse de donner de la voix), The Concept vient clore en beauté la première partie du concert.

Pendant les rappels, les Ecossais dégainent un feu d’artifice pour combler les demandes du public et lui offrent notamment le très demandé What You Do To Me. Non moins attendu, Everything Flows, classique entre les classiques, vient tirer quelques larmes de joie à ceux qui auraient réussi à se retenir jusque là. Toujours aussi merveilleux, ce dernier refrain, repris en choeur par toute l’assistance, permet de remercier les musiciens qui tirent leur révérence après ce dernier cadeau.

Beaucoup de très grandes chansons ont été laissées de côté, on aurait bien volontiers applaudi ces merveilleux papys quelques dizaines de minutes de plus pour entendre Everybody’s Fool, Alcoholiday et quelques autres. Ce serait cependant bien triste de s’attarder sur des regrets après un tel moment de bonheur. On n’a pas toujours la chance de sortir aussi euphorique d’un concert, c’est donc bien la gratitude que l’on emportera chez soi après avoir quitté le Point Ephémère.

Chroniqueur
  • Publication 434 vues18 décembre 2010
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