"> The H.O.S.T w/ Rescue Rangers - Live Report - Indiepoprock

The H.O.S.T w/ Rescue Rangers


Quand j’ai rédigé la chronique du nouvel album de The H.O.S.T : "Love, Birth and Disillusions", j’étais fort enthousiaste, vraiment emballée et donc ravie de partager avec d’autres passionnés, une découverte que j’estimais de qualité. Et aujourd’hui… Mon sentiment n’a pas changé. Il s’est même plutôt renforcé : plus j’écoutais l’album, plus il me confortait […]



Quand j’ai rédigé la chronique du nouvel album de The H.O.S.T : "Love, Birth and Disillusions", j’étais fort enthousiaste, vraiment emballée et donc ravie de partager avec d’autres passionnés, une découverte que j’estimais de qualité.
Et aujourd’hui…
Mon sentiment n’a pas changé. Il s’est même plutôt renforcé : plus j’écoutais l’album, plus il me confortait dans l’idée que The H.O.S.T pourrait bien être de ces rares formations qui contribuent à maintenir haut la flamme du rock sur le territoire français.
J’attendais donc avec impatience une prestation en live du groupe pour m’en convaincre tout à fait.

L’occasion s’est présentée vendredi dernier : The H.O.S.T assuraient un concert à Salon de Provence, à une cinquantaine de kilomètres de Marseille et la cerise sur le gâteau, c’est qu’ils partageaient la scène avec un groupe que je suis également de près : les Rescue Rangers.
Ces derniers travaillent actuellement sur leur deuxième album qui sortira visiblement dans le courant du mois de novembre, c’était donc une chance pour moi de me familiariser avec le nouveau line-up et de me faire une petite idée sur ce à quoi allaient ressembler les nouveaux morceaux.
Nous arrivons donc, mon ami photographe et moi sur les coups de 21h. Le concert ne devant pas débuter avant 21h30, nous en profitons pour explorer un peu les lieux que nous n’avions alors jamais foulé. Le Portail Coucou est un bar-concert superbement aménagé et très spacieux. Pourtant, la salle peine à se remplir mais le public semble enthousiaste et impatient d’applaudir les musiciens.

21h30 : The H.O.S.T investissent la scène. Ils me semblent beaucoup plus détendus que lors des quelques concerts auxquels j’avais assisté à l’époque de "Burning Altamont".
Le premier morceau engagé annonce la couleur : ce sera rock, pro et véloce. Leur manière d’occuper l’espace scénique coïncide avec leur façon de concevoir la musique : le plaisir de jouer ensemble avant tout. Ils affirment par là l’unité du groupe en faisant front au public, tous les trois sur un même niveau, la batterie occupant une place centrale sur le devant de la scène.
Voilà ce qu’il y a d’extraordinaire dans ce groupe : chaque instrument est attentif à chaque autre et parfaitement disponible. Pour l’exemple, beaucoup de bassistes, malgré leur passion pour l’instrument, déplorent son côté quelque peu ingrat, ainsi on fait davantage attention à la basse quand elle n’y est pas. Ce qui n’est pas le cas dans The H.O.S.T, la basse n’est pas réduite au seul rôle de soubassement rythmique et l’on remarque immédiatement à quel point elle est indispensable au groupe.
Jullien Arniaud (guitar, vocals), Thomas Campion (drums) et Vincent Fraschina (bass) sont heureux d’être là et ça se voit. On ne peut qu’être séduits par cet enthousiasme débordant et leur sens aigü du partage et pendant ce temps, les morceaux se succèdent et entre les morceaux, les silences sont des écrins pour les sons.
Les nuances passent d’un musicien à un autre comme de l’électricité. Les silhouettes arc-boutées sur les instruments savourent les notes qui vont et viennent et qui changent de couleur.
Parfois, elles disparaissent dans l’ombre pour nous plonger dans une pure exploration sonore pour mieux réapparaitre, au moment où l’on s’y attend le moins, dans une montée électrique surpuissante.
Les premiers accords de Smile retentissent et l’on ne peut s’empêcher de taper énergiquement du pied. Ils enchaînent ensuite sur des morceaux inédits qui laissent présager de bien bonnes choses pour le prochain album. Ainsi, le set s’achève.
Je gage que The H.O.S.T n’ont pas encore fini de nous surprendre, ce pourquoi je continuerai à suivre leur parcours de près, en espérant pour eux ce qu’ils méritent : une reconnaissance à plus grande échelle.

C’est maintenant au tour des Rescue Rangers d’envoyer la sauce. Déjà, des cris d’encouragements retentissent dans la foule. D’entrée, ils balancent leur arsenal : disto, feedback, fuzz, wah-wah, et autres larsens enflamment la scène sur un set impressionnant et bigarré : quasiment toutes les chansons de "Guitar and Dust Dancing" y sont passées, en plus des morceaux qui figureront sur l’album en préparation.
Tout cela monte très vite, très haut et très fort : les trois musiciens offrent un spectacle total qui exige l’adhésion immédiate du public. Ils s’imposent sur scène avec leurs riffs lourds et profonds, leurs solos de guitare tranchants et leurs éclats de voix. Les Rescue Rangers expriment avec rage leur dévotion inconditionnelle au rock. Sans être dénuée de technique, leur musique prend toute sa mesure dans la démesure et reflète leurs trois fortes personnalités.
Le nouveau bassiste, Damien (chanteur/guitariste de feu "Soleil Noir") impose direct le respect. Charismatique et expert, il semble canaliser les énergies et veiller sur ses deux compagnons de scène. Pierre Roulois matraque ses caisses et fouette ses cymbales avec la passion qu’on lui connait sans jamais chercher à s’économiser tandis que Pascal Mascheroni monte crescendo au plus haut degré de l’ébullition. Il n’hésite pas à explorer des sonorités improbables pour mettre ses textes en valeur, parfois en les enrobant de rage puis tente ensuite de nous toucher en nous livrant une interprétation plus dépouillée ainsi, le son de sa guitare est plus palpable. Les attitudes scéniques des Rescue sont soignées et ils n’ont pas peur de prendre des risques, allant jusqu’à introduire une reprise de Astronomy Domine au beau milieu du morceau Hassan Sabbath, lequel originellement, n’a absolument rien à voir avec du Floyd.
Quant aux nouveaux morceaux, un aura particulièrement retenu mon attention : Why so Serious que j’ai trouvé à tous les niveaux, tout bonnement génial, c’est selon moi un condensé de ce que les Rescue peuvent donner d’eux-mêmes, dans la composition, l’énergie et l’interprétation.
J’ai donc hâte d’avoir le nouvel album entre les mains et je confirme : ils méritent vraiment leur place sur la tournée française de Mondo Generator.

En conclusion, ce fut un grand moment de concert dont je me souviendrai longtemps. Les deux groupes auront assuré du début à la fin, ouverts, généreux et surtout lumineux.

Photos réalisées par Pierre-Yves Giraud

Chroniqueur
  • Publication 357 vues21 mai 2010
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