"> The National @ Le Zénith - 18 Novembre 2013 - Live Report - Indiepoprock

The National @ Le Zénith – 18 Novembre 2013


Après avoir investi la salle du Point Éphémère au mois de Juin dernier, The National se livrait pour la seconde fois de l’année au public français, cette fois-ci en plein cœur du Parc de La Villette. Auteur de trois magnifiques albums en l’espace de sept ans, The National s’est retrouvé propulsé au rang de groupe indie-rock « bankable ». […]

Après avoir investi la salle du Point Éphémère au mois de Juin dernier, The National se livrait pour la seconde fois de l’année au public français, cette fois-ci en plein cœur du Parc de La Villette. Auteur de trois magnifiques albums en l’espace de sept ans, The National s’est retrouvé propulsé au rang de groupe indie-rock « bankable ». Pourtant, le paradoxe émotionnel véhiculé sur les disques du quintette de Brooklyn suscitent naturellement quelques interrogations une fois déployé en live. Car entre des compositions subtilement poignantes et des hymnes rock cérébraux mais persuasifs, The National n’a pas forcément l’allure d’un groupe à faire dresser l’assistance de son strapontin. Mieux, les plus novices d’entre nous se demandaient encore quelle atmosphère pouvait se dégager d’une prestation long format des new-yorkais, d’autant que celle-ci intervenait au beau milieu d’un long périple mondial entamé il y a sept mois.

Tandis que l’enceinte du Zénith peine à se remplir, le groupe britannique This Is The Kit entame les préliminaires avec son folk-rock aux accents celtiques. Porté par le banjo séducteur et la voix angélique de Kate Stables, le sextet aura eu le mérite de retenir l’attention de la poignée de spectateurs déjà sur place. Puis, sur fond d’images en backstage de Matt Berninger & co., le quintet au complet déboule timidement devant une salle désormais bien garnie. Accompagnés de deux cuivristes, les américains débutent leur setlist par deux morceaux phares de leur dernier album (Don’t Swallow The Cap, I Should Live In Salt), le tout dans un silence quasi-religieux. Sorrow et Bloodbuzz Ohio viennent ensuite consolider nos premières impressions : Une étonnante intensité s’installe d’entrée de jeu et le public s’empare déjà d’une certaine plénitude. Entre deux, l’ami Berninger s’enfile sa désormais traditionnelle bouteille de vin rouge, son arme de désinhibition favorite. Sa dégaine et son timbre emprunté décuplent pourtant la puissance de certaines ballades (Hard To Find, I Need My Girl, le somptueux b-side Exile Vilify) ainsi que d’autres morceaux plus exigeant où le breuvage semble faire son effet (Demons, Conversation 16…). A mi-concert, des conclusions semblent naturellement s’imposer: Ses acolytes et lui-même délivrent là une remarquable partition, à l’instar du titre Sea Of Love, où les cordes rugissantes font échos a l’hurlant épilogue du chanteur. The National enchaîne alors de manière métronomique. Chaque morceau est millimétré et fidèlement reproduit, le groupe ne s’autorisant aucun écart instrumental à l’exception de quelques arrangements de riffs (Squalor Victoria, This Is The Last Time) signés Aaron Dessner, l’un des deux jumeaux guitaristes du groupe.

Quelques instants avant d’entonner le percutant Abel, ce même Aaron Dessner n’a pas manqué l’occasion de saluer leur immense estime envers l’auditoire parisien, partenaire de choix ayant accompagné le groupe lors de ses premières dates européennes (sous l’égide à l’époque du label bordelais Talitres). Dès lors le public s’emballe, la fosse déborde d’enthousiasme tandis que d’autres en tribune se lèvent pour se rapprocher de la scène, dans l’espoir de vivre intensément les dernières minutes du récital. Tour à tour, Slow Show, Pink Rabbits, Graceless ou encore About Today viennent compléter ce dernier. Mais on retiendra surtout les derniers frémissements de l’assistance sur England et Fake Empire, deux titres qui ont rencontré un beau succès dans nos contrées, à juste titre. Le rappel qui suivit la très belle ovation réservée aux américains fut composé d’un inédit (Lean), de trois titres idéalement saisissants (Humiliation, Mr. November, Terrible Love) où les plus téméraires osèrent se dandiner, et d’une surprise qui n’en est plus une pour les convertis: Une version acoustique et dépourvue de micros de Vanderlyle Crybaby Geeks, malgré tout reprise à la perfection par la poignée d’anglophones présents sur les lieux, à peine moins par nous autres franco-français.

Alors qu’un tireur fou était au même moment activement recherché dans tout Paris, nos cinq new-yorkais auront donc réussi en ce même jour à toucher nos affects de plein fouet, armés d’une généreuse dose de bienfaisance (25 titres au total, on a connu pire…), d’une insoupçonnable justesse et d’une sensibilité à toute épreuve. Fort heureusement pour nous, le plus pacifiquement qu’il soit…

 

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  • Publication 449 vues27 novembre 2013
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The National @ Le Zénith - 18 Novembre 2013
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