"> Tricky @ Le Cargo – 19 février 2015 - Live Report - Indiepoprock

Tricky @ Le Cargo – 19 février 2015


Un Étienne Daho noir, des musiciens sous prozacs, une reprise ignoble, sur fond d'apoplexie générale.

Autant vous dire, le concert de Tricky a éprouvé nos ressources de patience, épuisées à la moitié de son set. Etant donné que c’est la première fois que nous nous retrouvons à quitter un live avant la fin, le bonhomme nous laissera un souvenir impérissable…

Oui, cette soirée, qui avait des allures d’immanquable de ce début de saison caennaise, a tourné clairement au fiasco, en atteste le nombre de départs de la fosse vers le bar passé les 10 premières minutes, pour les moins endurants. Les discussions glanées ici ou là viendront nous conforter dans cette impression de gâchis et de frustration.

En guise d’intro, tristement annonciatrice de la suite, un instru sans âme de Sweet Dreams, Tricky dos à la scène prostré dans son délire minimaliste, un ustensile fumant dans la bouche. D’ailleurs, le reste de la prestation ne se dégagera jamais vraiment d’une atmosphère fumeuse, sans liant, absolument indigeste. Problème majeur, nous n’avons pour ainsi dire pas entendu résonner les cordes vocales du monsieur. De fait quand l’ « artiste incompris » daignait prononcer quelques mots de fin de couplet, ils étaient totalement couverts par la voix de la chanteuse principale. Celle-ci, bien que s’appuyant sur un joli timbre ne transmettra jamais ni frissons ni charisme. A l’arrière, guitariste et batteur au service minimum, n’insuffleront pas plus d’énergie que leur leader.

Cette joyeuse bande va donc s’évertuer à rendre une pale copie des superbes compositions studio de Tricky, le petit génie du trip hop. En appuyant sur la veine rock dur, ils ont à tour de rôle dénaturé la magie sombre que dégage la discographie du monsieur. On entendra d’ailleurs distinctement le « héros » de la soirée à une seule reprise, deux minutes de répétition de deux mots hurlés, et faussement. Alors après tout, pourquoi pas, Nirvana s’amusait bien avec leur Smells Like Teen Spirit. Oui, mais même dans leurs pires parodies se dégageait un propos, une espèce de poésie. Tricky nous a juste offert du néant sans l’assumer, aucune énergie, un artiste sans karma.

Nous avions quitté la scène depuis moment quand allait sonner le glas de notre patience auditive : clou du spectacle une attaque en règle de I Wanna Be Your Dog. Faussement nerveuse, il la souillera d’une interprétation plagiaire, moins toute la rage qu’elle incombe. Un titre aussi inaccessible pour lui, ce soir, que Les Anarchistes de Ferré seraient pour Booba…

En deux mots, affligeant et pathétique…

Il ne nous reste plus qu’une chose à dire à ce Tricky qui nous joué un bien mauvais tour, clin d’oeil : « Vous êtes une vraie bête de studio, restez-y, il y fait chaud »…

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  • Publication 486 vues26 février 2015
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