"> Villette Sonique :: Joanna Newsom et Roy Harper :: 31 mai 2010 - Paris - Live Report - Indiepoprock

Villette Sonique :: Joanna Newsom et Roy Harper :: 31 mai 2010 – Paris


Nous sommes ressortis de là presque sonnés, dans un état cotonneux, comme surpris et rassurés à la fois. Joanna Newsom venait tout simplement de nous donner de la joie et une incroyable prestation scénique maîtrisée. Revenons environ quatre heures avant. Il y avait foule ce soir-là à la Grande Halle, au festival Villette Sonique. Cette […]

Nous sommes ressortis de là presque sonnés, dans un état cotonneux, comme surpris et rassurés à la fois. Joanna Newsom venait tout simplement de nous donner de la joie et une incroyable prestation scénique maîtrisée.

Revenons environ quatre heures avant. Il y avait foule ce soir-là à la Grande Halle, au festival Villette Sonique. Cette salle au haut plafond ne permet pas au public de profiter de la musique debout, il faudra donc rester assis sur les bancs, avec l’interdiction formelle de prendre des photos et de ramener un quelconque liquide dans les gradins. Ô frustration. Les gens s’installaient avec leur bonne humeur dans une grande discrétion.

Avec un peu d’attente Roy Harper (photos 1 et 2) qui assurait la première partie faisait enfin son apparition. Je savais à peu près à quoi m’attendre musicalement mais c’est le personnage qui finalement surprend. Son univers colle parfaitement à celui de Joanna puisque sur la durée, les morceaux sont, dirons-nous, plus que des cousins proches, mais il étonnera l’assistance avec ses monologues sur un homme vert, l’homme composé à 99% d’eau (et certains qui le sont à 100%) ou ses mimiques et bruits de bouche. Malgré son engagement certain, le britannique qui n’est pas loin de fêter ses soixante-dix printemps nous laissera parfois un peu pantois face à autant de difficultés à pénétrer son univers personnel hautement perché (la Lune qui mange la Terre ou l’inverse d’ailleurs ce n’était pas très clair, restera un grand moment d’interrogation en ce qui me concerne). Toutefois nous ne bouderons ces quarante-cinq minutes de folk d’un vrai génie illuminé qui a, rappelons-le, travaillé avec des grands (Jimmy Page, Robert Plant, Pink Floyd). Il a notamment joué The Green Man et One Man Rock And Roll Band ce soir là.

Une fois Roy Harper parti, la scène se dévoilait lentement sous nos yeux écarquillés pour laisser place à Joanna Newsom (photo 3 à 7) et son groupe. Harpe au rendez-vous mais aussi piano, cuivres, violons, guitares et autres joyeusetés à corde, batterie. Nous allons donc vivre un moment de grande intensité musicale ? Je ne vais pas vous faire durer le suspense plus longtemps, la réponse est Oui, avec un grand « O ». Pourtant la tâche n’avait rien de simple, je doutais réellement de l’engouement du public pour les titres de son dernier album qui sont particulièrement riches et demandent du temps d’écoute.

Tout était au rendez-vous : Joanna nous a offert un spectacle parfaitement rodé avec des surprises qui valaient largement le déplacement. Elle démarre son set seule avec un 81 millimétré et c’est sans surprise que je m’aperçois que malgré le raffinement de ce titre, il n’en est pas moins épuisant. Heureusement ce qui se déroule après est digne d’une fête. Cheveux ondulés, petite robe légère et sobre, elle nous fait fondre de plaisir entourée de tous les côtés par ses collaborateurs visiblement heureux de partager ce moment avec elle et nous. C’est une équipe soudée et généreuse qui rayonne ce soir là et qui livre un set essentiellement composé des titres de "Have One On Me" (Baby Birch, Good Intentions Paving Go et son final enivrant, avec beaucoup de richesse). Ce qui est toutefois étonnant c’est la manière dont les morceaux les plus anciens, dont certains de "Ys", sont interprétés (Monkey & Bea, Peach, Plum, Pear et The Book Of Right-On), ou devrais-je dire revisités. Ils ont été revus pour la formation sur scène et contrairement à ce que l’on aurait pu penser, l’ajout d’instruments les a totalement sublimés. Une pointe de regret m’a tout de même pris au cœur quand à la fin des rappels j’ai compris qu’elle n’interprèterait pas In California, de loin son meilleur morceau à ce jour. Cela ne sera que partie remise.

Crédits photos : Robert Gil

Chroniqueur
  • Publication 371 vues7 juin 2010
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