"> VYV festival @Dijon 12/06/22 - Live Report - Indiepoprock

VYV festival @Dijon 12/06/22


La nouvelle édition du VYV festival à Dijon se tenait ce week-end et la journée du dimanche proposait un joli plateau.

Organisé dans le cadre du parc de la combe à la Serpent, véritable poumon vert de la métropole dijonnaise depuis 2019, le VYV festival a connu ce week-end sa seconde édition complète après une première en 2019, une annulation en 2020 et une version allégée en 2021, Covid oblige. S’il se veut globalement un festival grand public, la journée de ce dimanche 12 juin faisait la part belle aux fans de rock indé. Shame, Idles, The Murder Capital étaient en effet à l’affiche, aux côtés du nouveau projet The Smile, porté par Thom Yorke et Jonny Greenwood.

Les Anglais de Shame ont le redoutable privilège de lancer les hostilités, tâche toujours ardue dans un festival et ont livré une prestation contrastée, à l’image de leur dernier album en date. L’envie et la générosité étaient indéniablement là, la batterie et les guitares un peu trop en avant par rapport à la voix de Charlie Steen, mais là n’était pas tant le problème. Si Charlie Steen et également Josh Finerty le bassiste ont payé de leur personne, on a eu du mal à trouver une ligne directrice dans leur concert. Partagé entre morceaux inédits et d’autres issus de leurs précédents opus, le set a souffert de l’emphase, du manque de concision du tout pour réellement emporter les suffrages. Comme un symbole, au moment où le groupe allait attaquer son dernier morceau, le ciel s’est déchaîné, mettant fin prématurément aux hostilités. Dix minutes plus tard, un grand soleil était de retour et le reste de l’après-midi et la soirée allaient se dérouler normalement.

On pouvait donc rejoindre la seconde scène sereinement et continuer à en prendre plein les oreilles niveau guitares avec les Dublinois de The Murder Capital. Tout comme Shame, ces derniers ne devraient pas tarder à annoncer un nouvel album et en ont livré quelques extraits en primeur plutôt prometteurs. Le groupe mené par James McGovern a surtout fait étalage de sa maîtrise pour jouer de divers niveaux de tension. Tranchant en début de set, tout en atmosphère au milieu, radical sur le final, sur lequel James McGovern a d’abord suggéré au public d' »ouvrir la fosse » pour un beau pogo endiablé sur More Is Less avant de venir lui-même slammer sur le final de Feeling Fades. 

On pouvait ensuite laisser la partie familiale du public se délecter des gentilles ritournelles disco-pop de Juliette Armanet, pas le moins du monde économe de ses efforts, il faut le reconnaître, mais forcément tirée vers le bas par des musiciens sans une once de subtilité.

Alors que le soir tombe doucement, The Smile entrent en scène, et très vite deux constats s’imposent : avec sa petite barbe hirsute et son bonnet collé sur la tête, Thom Yorke peut sans problème embarquer prochainement sur un chalutier sans craintes d’être remarqué. Quant à Jonny Greenwood, on peut se demander s’il sait qu’il a un public devant lui puisqu’il joue en permanence avec le cou à 90° et les cheveux dans les yeux. Ceci mis à part, on ressort de la prestation du trio avec le sentiment que c’était un privilège d’y assister, d’autant qu’il n’y a pas encore beaucoup de monde qui a pu les voir sur scène, sans non plus avoir passé un moment époustouflant. Car on ne sait pas toujours où veulent en venir les morceaux du groupe et on ne sait pas non plus d’ailleurs si eux-mêmes voient au-delà du fait de jouer ensemble et de tenter des trucs… Mais dans les meilleurs moments, la virtuosité du toucher à la batterie de Tom Skinner est évidente, tout comme la fluidité de Jonny Greenwood. Et quand la voix de Thom Yorke est à l’unisson, c’est forcément très bon. Ajoutez à cela un light-show sobre mais élégant, et vous ne pouvez pas repartir déçu.

C’est ensuite au pas de course que certains rejoignent la scène à l’opposé du site, histoire de ne pas rater le début et preuve que beaucoup savaient qu’un grand moment pouvait se produire. Et, disons-le tout de suite, ils avaient raison. A la nuit tombante, Idles s’emparent de la scène et vont mettre tout le monde d’accord. Après une entrée en mid-tempo tout en tension rentrée, Joe Talbot fait part de son plaisir d’être là puis invite le public à ouvrir la fosse avant de lancer le top départ pour un beau moment de communion. Joe Talbot occupe la scène avec son attitude qui n’appartient qu’à lui, Mark Bowen, vêtu d’une robe longue à fleurs, gesticule dans tous les sens, les guitares sont cliniques et il n’y a pas de temps faible. En fin de set, avant un Danny Nedelko d’anthologie, avec Mark Bowen porté par le public, Joe Talbot n’a pas manqué de faire passer son message d’unité entre les peuples et de solidarité avec toux ceux venus tenter leur chance tant en France qu’en Angleterre. Le grand moment de la journée, et de loin.

Après cela, difficile de redescendre, et Liam Gallagher, chargé de clôturer le festival, n’était pas le choix pour le faire en beauté. Et comme il avait visiblement envie d’en terminer au plus vite, mieux valait prendre les devants  et s’en aller, ce qu’un bon tiers du public n’a pas hésité à faire. La journée et la soirée avaient de toute façon été belles, on croise déjà les doigts pour que la prochaine édition soit du même tonneau !

Rédacteur en chef