Marsatac
Le festival marseillais Marsatac existe depuis huit ans. Après s’être fait les dents avec du hip-hop (majoritairement local), Marsatac a grandi et propose à présent une programmation plus éclectique, oscillant entre électro, hip-hop et rock, le tout étalé sur une semaine et concentrant ses têtes d’affiche sur deux jours (les vendredi 29 et samedi 30 septembre). Après avoir connu différents déboires financiers et logistiques, l’édition 2006 marque un retour à la stabilité et devrait permettre au staff de se projeter sereinement dans l’évolution du festival pour les années futures. Retour sur les concerts des 29 et 30 septembre.
Vendredi 29 septembre
ll est déjà minuit passé quand on arrive sur le site principal du festival, l’Esplanade St-Jean J4. Un lieu dont la vue sur le Vieux-Port éclairé et sur l’église Note-Dame en fond (malheureusement dans l’ombre) donne un bel aperçu d’un Marseille by night. Les festivités de la soirée ont déjà commencé depuis plusieurs heures, et le live des allemands de Funkstörung (photo n°1) Feat. Phon.O (révélation du label de T. Raumschmiere, Shitkatapult) permet de se mettre directement dans l’ambiance, c’est puissant et bien rentre-dedans.
La foule se presse par la suite pour assister au live de Vitalic, forcément très attendu… mais qu’on ne verra pas. Pendant ce temps, Peaches (photo n°2) enflamme le deuxième chapiteau. Ultra punchy, complètement décalé, le show de la Canadienne repousse les limites de la provocation. Le son n’est pas très bien réglé et ressort assez brouillon, mais qu’importe. Le public reprend en chœur les titres les plus connus de Peaches (Shake yer dix, I don’t give a…)
Autre groupe très attendu, les new-yorkais de The Rapture devaient initialement prendre la suite, mais on se rend rapidement compte qu’on les a lamentablement manqués – ils ont finalement été programmés plus tôt dans la soirée… Déception. On ne peut même pas vraiment se consoler en mangeant un bout, car il n’y a en tout et pour tout qu’ un seul stand de restauration dans toute l’enceinte du festival (donc une queue interminable à prévoir) ! On se rabat alors sur la bière, et le set de Matthew Herbert (photo n°3) qui commence. Véritable touche à tout dans la sphère électro, Matthew Herbert livre ici une prestation convaincante, sans fioritures, incluant des morceaux de son tout dernier album «Scale».
On enchaîne un peu plus tard avec le live de John Lord Fonda, petit protégé de Vitalic. Un gros son électro qui bastonne, des morceaux très frais qui nous tiennent en haleine de A à Z. Il est presque cinq heures, le J4 s’est désempli mais les plus pêchus restent pour le live du marseillais Danton Eeprom. De loin, ça sonne techno, malheureusement, les pieds ne suivent plus…
Samedi 30 septembre
Si la journée du vendredi était à dominante électro, la soirée du samedi est dédiée au hip-hop et à la drum’n bass.
23h : Le set de Public Enemy (photo n°4) commence à l’heure. Un concert événement qui représente l’unique date française de la tournée européenne qu’ils viennent d’entamer. On pouvait d’autant plus s’attendre à un public en masse, sous un chapiteau complet, mais finalement, l’affluence n’est pas spécialement oppressante. Question prestation, rien à redire : le groupe mythique enflamme littéralement le chapiteau, les titres s’enchaînent avec efficacité et pugnacité. Les New-Yorkais conservent leur verve et leur pêche légendaires, pour le plus grand plaisir du public qui se montre (forcément) extrêmement réceptif.
Amon Tobin (photo n°5) prend le relais pour un DJ Set d’une heure. Sa réputation n’est plus à faire, mais pourtant, les quinze premières minutes convainquent moins qu’à l’accoutumée. On se déplace alors vers la scène Pharo pour aller voir DJ Craze (photo n°6). Un set très énergique et entraînant, entre hip-hop et drum’n bass. Le maître du scratch était accompagné par son complice MC Armani. Finalement, on ne regrette pas d’avoir fait faux bond à Amon Tobin !
Le BPM s’accélère sérieusement en cette fin de soirée, avec Andy C. (de la pure jungle) (photo n°7) puis Atomic Hooligan (du bon gros breakbeat), qui finit son mix vers 6H.
L’édition 2006 de Marsatac est incontestablement une belle réussite. Une programmation éclectique, un public au rendez-vous, un site convivial… restent cependant quelques points annexes à améliorer (comme par exemple le manque de stands pour grignoter et de bars). Pas suffisamment médiatisé, victime d’une notoriété pas extrêmement développée (un public très largement régional, souvent étonné que des Parisiens soient venus assister à la manifestation), Marsatac a cependant largement sa place à tenir parmi des festivals de plus grande envergure et devrait légitimement conaître une belle ascension dans les années à venir. C’est en tous cas tout le mal qu’on lui souhaite.




