Message du monde des humains
Puisque vous voulez rendre la vie un acte militant.
L’horreur a une nouvelle fois frappé. L’effroi, puis la crainte pour nos proches et pour chaque membre d’IPR a guidé ces premières heures conduites dans le brouillard. La communauté des gens qui vibrent, s’épanouissent au rythme de leur passion, voilà ce qui a été attaqué ce vendredi 13 novembre.
Notre passion commune, amis lecteurs, nous fait nous identifier particulièrement aux victimes du Bataclan dont nous mesurons la teneur des dernières heures ou, pour les plus « chanceux », des prochaines. Pour tous ces gens, ces frères et sœurs de passion, continuons à partager nos frissons, nos fêlures, nos sentiments, ce(ux) qui nous rend(ent) humains.
Vous, tueurs, voulez la sinistrose, vous aurez tout autre chose. Ce que vous nous proposez c’est la guerre, le combat. En réponse à ces gens comme aux vautours récupérateurs politiques et idéologiques, nous devons montrer notre force à rester nous-mêmes, des êtres faillibles, qui ressentent.
Non, nous ne combattons pas, c’est bien pour cela, que pour l’heure nous sommes abattus et viscéralement tristes. Nous ne cherchons pas de prétexte pour nous élever au-dessus du statut d’humain, parce que nous sommes loin d’avoir fait le tour de celui-ci.
Ce qui nous différencie de vous, assassins, au-dessus de tout autre chose, c’est que nous ne sommes pas assez crédules sur nos pseudo croyances ou opinions pour commettre de tels dénis d’humanité. Nous sommes des Hommes, et notre humanité nous pousse, même à moindre écoute, à partager et à être heureux de trouver ne serait-ce qu’une seule oreille réceptive.
A vous tous qui avez péri, ou qui traîneront les stigmates longtemps de cette nuit tragique, nous offrons nos cœurs, et notre obstination à continuer de vivre, nous vous la devons. Au Bataclan qui nous aura procuré des souvenirs inoubliables, merci pour tout et surtout, courage.
Tout ceci est tortueux, mais les sentiments sont confus, et c’est ce qui fait la beauté de l’humain, ne perdons jamais cela dans de fausses certitudes.
Vivre ne sera jamais un acte militant. Perdre sa voix sur un bon riff, lâcher une larme sur une voix cassée, s’enflammer comme un enfant sur une belle action collective, ou prendre un verre entre potes, ne sera jamais calculé et ne vous sera jamais dédié. Nous le faisions avant et vous n’y changerez rien.
Une partie de ce qui nous reste d’insouciance est morte avec ces atrocités, notamment du Bataclan. Ursula K. LeGuin a écrit « L’adulte créatif est l’enfant qui a survécu », nous percevons dans ces heures sombres, qu’il est bien criminel de vieillir…
Peace and… let’s rock



