"> NePasAvaléennes 2003 @ Instants Chavirés - Indiepoprock

NePasAvaléennes 2003 @ Instants Chavirés

Le fan-club français de Radiohead, « Ne Pas Avaler », organisait le 10 mai dernier la troisième édition du festival des NePasAvaléennes. Un festival totalement indépendant et amateur, c’est à dire forcément attachant par son imperfection, et séduisant par la détermination et l’intégrité de ses organisateurs. L’ambition affichée cette année était celle du gain de notoriété de la manifestation, et de l’ouverture musicale de la programmation, autour de groupes autoproduits confirmés.

Tout ce petit monde se retrouve donc aux Instants chavirés, salle accueillante et idéale pour ce genre de projets. Ce sont les Friends of P qui ouvrent les hostilités. Ce quatuor de Mulhouse se montre courageux devant une assistance encore clairsemée. Les guitares sont puissantes et l’énergie est bien présente. Le public, attiré par un alliage aussi honnête de décibels et de mélodies, afflue progressivement et est déjà beaucoup plus nombreux pour le groupe suivant.

Il s’agit de Jérôme Attal, dandy un peu suffisant, mais dont l’humour pince-sans-rire et le ton décalé font leur effet puisqu’ils parviennent à amuser et à interpeller les spectateurs. Musicalement on a à faire à un easy-listening électronique mettant en valeur la nonchalance du chant.

Changement de style avec l’arrivée d’Owen, formation caractérisée par sa recherche sonore et sa quête de structures originales : son dépouillé et ambiant, motifs de guitare tendus et variés, batterie parfois jazzy, la musique des parisiens n’est pas immédiate mais se révèle captivante pour qui apprécie l’exploration de nouvelles pistes musicales.

The Music Imposters dévoilent des influences évidentes et se montrent moins inventifs mais leur pop atmosphérique fait mouche malgré tout, portée par une jolie voix, un piano agréable, et des samples pertinents. Les derniers morceaux joués prennent une orientation plus musclée et surprennent par leur punch.

Enfin Exsonvaldes clôt la soirée de façon tout à fait réussie. Plus directes et plus rock que sur disque, leurs chansons gagnent en épaisseur et en intensité. Plutôt à contre-courant, mais sommet du set, le morceau instrumental, répétitif et envoûtant, construit autour de l’enchevêtrement des deux parties de guitares.

Les NPAN sont donc un succès, les organisateurs poussent un ouf de soulagement, et comme ils ne font rien au hasard, ils pensent déjà à la prochaine édition. On ne peut que les féliciter pour autant d’engagement et de persévérance. Il est en effet bien difficile de promouvoir la musique indépendante, y compris à une aussi petite échelle. Mais que cela est encourageant quand tant d’efforts sont récompensés !

Chroniqueur