OK Go et Motion City Soundtrack
Le public est venu nombreux ce soir, espérant notamment voir une des célèbres chorégraphies en live. La gent féminine est fortement représentée et c’est sous les vivas des groupies que le groupe prend place. Comme souvent au Batofar, le groupe se dit très heureux de jouer sur un bateau et s’essaie à quelques mots de français afin de se mettre dans la poche un public conquis d’avance. On apprend notamment que le mot "pamplemousse" est un des mots préférès du chanteur Damian Kulash…
Venus présenter les titres de leur deuxième album ("Oh No"), le groupe n’oublie pas pour autant son premier opus et notamment l’excellent Get Over It et Don’t Ask Me. Le public semble pourtant plus réactif aux nouveaux titres tels Invincible, Do What You Want ou encore A Good Idea at the Time. Si l’on retrouve la power-pop enjouée des débuts, on est un tout petit peu déçu par la qualité générale des morceaux et par leur composition. Le groupe a beau se démener, le chanteur braver la foule, ça manque un peu de charisme… jusqu’au moment tant attendu par une partie de l’assistance.
Le quatuor fait table rase de tous les instruments afin de ménager un peu de place sur la scène du Batofar et exécuter sa célèbre chorégraphie. Interprétée en playback, A Million Ways produit donc son effet sur les groupies en furie et mêmes les sceptiques venus assister au concert de Motion City Soundtrack semblent conquis. On aurait aimé que le reste soit au diapason, cela ne fut pas toujours le cas.
Les cinq membres de Motion City Soundtrack surfent sur une vague de succès dont ils comptent bien profiter à fond. Après un Warped Tour dont ils étaient une des têtes d’affiche, des passages dans les shows US (Conan O’Brien, Jimmy Kimmel) et des tournées incessantes, leur notoriété va grandissante. Leur excellent deuxième album, "Commit This To Memory", produit par Mark Hoppus (bassiste de Blink 182), est ressorti en début d’été enrichi d’un DVD bourré jusqu’à la gueule d’images inédites dont une heure de concert. Une occasion pour les gars de Minneapolis (comme Dylan et Prince tout de même) de revenir poser leurs chaussures de skate en Europe.
Attendus par de nombreux fans, les Motion City Soundtrack débarquent et commencent à enfiler les chansons, alternant bombes punk-rock du premier album et chansons parfois plus calmes tirées du second LP ; des titres plus Death-cab-for-cutiens, pourrait-on dire, tant l’influence du groupe de Gibbard est présente et revendiquée par les gars du Minnesota.
Au rayon énergie, les Motion ne sont guère avares. Passés les commentaires habituels sur la surprise de jouer sur un "fucking boat", ils font déferler leurs torrents de guitares et leurs cascades de mélodies pop sur claviers midi (marque déposée des groupes émo d’une certaine époque) sans que tout cela ne sonne comme du déjà entendu, du ressassé de power-pop. Le sentiment de fraîcheur passe d’emblée par le charisme du chanteur, Justin Pierre, sorte de geek beau gosse aux cheveux crépés sur l’avant — tel un Robert Smith moderne — et aux lunettes en écailles on ne peut plus fashion. Ses acolytes font aussi le spectacle : les bonds du clavier Jesse Johnson et le jeu de batterie de Tony Thaxton, bûcheron en chef capable de faire couler la péniche à lui tout seul, participent de la pêche générale.
L’ambiance déjà bouillante dans la salle finit par atteindre des températures volcaniques lorsque le groupe balance un de ses hymnes pop-punk, Everything Is Alright, bientôt suivi du dynamitant The Future Freaks Me Out, plus chanté par le public que par un Pierre bien content de pouvoir, par moment, reposer ainsi sa voix.
Lorsque les lumières se rallument, le sentiment d’avoir vu un vrai bon concert de rock à base de sueur et de mélodies transparaît dans les sourires des spectateurs.




