"> Zoom spécial Route du Rock 2006 - Indiepoprock

Zoom spécial Route du Rock 2006

Une programmation intransigeante, une dimension humaine, un cadre chaleureux et un public fidèle : la Route du Rock de Saint-Malo confirme chaque année son statut de festival incontournable de la saison estivale. Partenaire de l’événement, Indiepoprock.net propose aux néophytes comme aux habitués de faire plus ample connaissance avec ce festival inimitable. 

A travers ce zoom, familiarisez-vous avec l’histoire du festival et l’affiche de l’édition 2006, profitez des confidences du programmateur et des artistes. Puis rendez-vous après les concerts des 11, 12 et 13 août prochains, pour un inévitable reportage en mots et en images. Et sans doute quelques surprises… Bonne lecture de notre zoom spécial Route du Rock 2006 !

Pus d’infos sur :
www.laroutedurock.com
www.myspace.com/laroutedurock

Ont participé à ce dossier : Tristan, Thomas, wqw

Un grand merci à Elsa Mouget et François Floret, Alison Chamussy, Emmanuel Plane, Guillaume Quelet, Florence Virot et Iain Watt.

Historique

L’histoire de la Route du Rock démarre officiellement en 1991, mais c’est en 1986 que le rennais Frank Roland, visiblement doté d’un goût plus sûr pour la musique que pour les choix de noms, crée l’association Rock Tympans, qui organise encore aujourd’hui le festival. Stéphane Ridard, Ludovic Renoult et François Floret, entre autres, viendront renforcer le personnel de l’association, qui outre l’organisation de concerts à Rennes, contribue à la création et à l’animation de la radio libre Canal B.

La première édition rassemble quelques noms représentatifs du rock indépendant français de l’époque (Black Maria, les Tétines Noires, Little Nemo…), sur trois journées en plein hiver. Au fil des années, la programmation s’internationalise, se diversifie, le festival gagne en affluence et en popularité, au point que l’inrockuptible Bernard Lenoir décide de prendre ces francs-tireurs sous son aile et leur assure une exposition médiatique qui leur permettra de survivre et de croître.

La Route du Rock ne rejoindra en fait qu’en 1994 le Fort de Saint-Père, site qui est devenu depuis un élément majeur de l’identité du festival. C’est également cette année-là que le festival se déroule, pour la première fois, en été.

Les programmations deviennent de plus en plus alléchantes au fur et à mesure que le festival se développe et affirme son identité : Miossec, Dominique A et Supergrass en 1995, Placebo en 1996, 1997 et 2000, une apparition remarquée du charismatique Buck 65 en 2003, The Divine Comedy en 1996 et 2002, un concert sublime en 2001 où la voix céleste d’Alison Goldfrapp accompagne le coucher du soleil devant un parterre de spectateurs médusés… Les jeunes débutants timides de Muse y réalisent en 1999 leur premier concert français. Ils reviendront deux ans plus tard, bravaches et cette fois en tête d’affiche, pour un concert pyrotechnique. La même année, le festival accueille le premier concert français d’un groupe de quatre new-yorkais alors inconnus : Interpol. Faire l’inventaire exhaustif des concerts marquants du festival serait long et probablement fastidieux : il suffit de consulter le détail des programmations pour constater l’audace et le flair dont ont pu faire preuve les organisateurs de la Route du Rock.

L’histoire du festival n’est pas, loin s’en faut, un long fleuve tranquille : des travaux dans le Fort de Saint-Père en 1998 forcent l’organisation à choisir un autre site pour accueillir une des plus belles affiches de leur histoire (Portishead, PJ Harvey, Yann Tiersen…). Des intempéries record en 2002 mettent à mal l’équilibre financier déjà ténu de la Route du Rock, qui voit son existence encore plus menacée lorsqu’apparaissent des difficultés à conserver en 2003 les subventions accordées par la mairie de Saint-Malo.

Il en faudrait beaucoup plus pour décourager les acharnés de Rock Tympans, qui parviennent en plus à innover en proposant des Siestes Musicales (DJ Sets, concerts) sur les plages, ou, depuis peu, des concerts plus intimistes au Palais du Grand Large. Une collection hiver réussie, quoiqu’en retrait en termes d’audience, a même été inaugurée en 2006.

Point culminant logique d’un festival en constante évolution, l’édition 2005, quinzième du nom, est un véritable feu d’artifice : The National, The Cure, Sonic Youth, les revenant du Wedding Present, Maxïmo Park, The Organ… Record de fréquentation logique pour ce cru exceptionnel, avec plus de 30 000 spectateurs sur les trois jours : belle performance si l’on songe qu’en 1991, la première Route du Rock avait rassemblé quelque 800 personnes.

La Route du Rock jouit d’un statut à part dans la troupe des festivals d’été : sa programmation pointue et sa taille volontairement réduite en font un des refuges privilégiés des fans d’indie-pop. Mais l’élitisme n’est pas de mise chez Rock Tympans, et le but des organisateurs est avant tout de proposer des moments d’exception à tous les publics : en témoignent un bel éclectisme dans la programmation, et une attention sans cesse croissante portée aux petits détails, aux moments à part qui rendent plus agréable la vie des festivaliers. Bref, cette année encore, c’est décidé, la Route d’Indiepoprock.net passera par Saint-Malo !

Interview de François Floret, directeur du festival

Une interview avec François Floret, directeur du festival La Route du Rock, c’est d’abord et avant tout une conversation à bâtons rompus avec un passionné de musique, à l’enthousiasme encore intact et palpable, après quinze éditions d’un festival qui a réussi à s’imposer comme l’un des incontournables de l’été français. Défilent au cours de la discussion toutes les images marquantes de ces quinze années de festival ; et l’on s’aperçoit surtout que de nouvelles trouvailles nous attendent. En raccrochant le téléphone, une seule pensée s’impose : vivement le 11 août !

Avant toute chose, un petit retour en arrière sur l’édition 2005 ?
L’édition 2005 a été un grand cru : artistiquement, déjà, avec une affiche superbe, notamment la date unique de The Cure. Pour The Cure, on est surtout fiers de la façon dont ça s’est passé : Robert Smith a réellement choisi de venir à la Route du Rock, il connaissait la ville où il venait en vacances avec ses parents, il suivait la programmation du festival. Il était un peu étonné d’être invité, et nous a avoué qu’il se sentait un peu vieux face aux jeunes pousses du festival. On n’a pas cherché réellement à les avoir spécialement pour la 15ème édition, mais c’est vrai que c’est pour nous un superbe cadeau d’anniversaire. Ils sont venus en formation réduite, sans clavier, ont joué plus de deux heures quinze. Bien sûr, on en trouve toujours pour regretter que ça ait été si long, et qui auraient préféré voir quelqu’un d’autre jouer. Mais ce concert reste un moment magique de 2005, on a dû se pincer pour arriver à croire que The Cure jouait réellement chez nous, dans notre festival !
Cette édition a été l’apothéose du festival, soulignée par la présence d’Arte qui avait choisi un seul festival d’été, ce qui nous a permis d’être en direct sur une chaîne hertzienne nationale de 21h00 à minuit. Ca a été également un record d’affluence, avec plus de 30 000 personnes en comptant les spectateurs du Palais du Grand Large, donc plus de 35 000 en comptant le Fort, la Plage et le Palais. Les bénéfices réalisés nous ont permis d’organiser la version hiver de la Route du Rock : ce qu’on a gagné en 2005 a été réinvesti sur cette nouvelle version du festival, qui a elle été déficitaire.

Comment avancer et se motiver encore après cette édition 2005 ?
On ne se pose pas réellement la question ; depuis le départ, dès qu’une édition est terminée, on a du mal à se retourner, on se projette immédiatement vers la prochaine édition. Notre prochain objectif, après cette édition 2006, sera donc l’organisation de la prochaine version d’hiver. La collection hiver nous tient vraiment à cœur. La première édition n’a pas marché aussi bien que prévu sur le plan de la fréquentation, mais artistiquement ça a vraiment été une réussite, on fera tout pour recommencer l’année prochaine.

Quelles sont vos relations avec les autres festivals ?
On revient juste des Eurockéennes, on a trois jours de festival dans les jambes, c’est terrible. C’est vraiment un grand festival, un de nos préférés. Le site est superbe. Ils ont réussi à garder une certaine dimension humaine malgré la taille incroyable de la manifestation ; il est toujours possible de trouver un endroit un peu à l’écart et au calme lorsque l’on a besoin de repos. Cette année, avec Depeche Mode et Daft Punk, on a encore pris deux énormes claques. Sigur Ros a fait un véritable triomphe, c’était fantastique. Voilà, c’est aussi le genre de chose qui nous fait encore avancer : on veut réussir à faire venir Sigur Ros à la Route du Rock, ce serait grandiose de vivre ça. Ils devaient déjà venir à Saint-Malo il y a quelques années, et avaient annulé au dernier moment, mais on finira par les coincer.

Est-ce difficile de boucler une affiche ?
Oui, la concurrence est de plus en plus rude au sein des festivals d’été. En ce qui nous concerne, on souffre beaucoup à cause d’un festival japonais qui se déroule aux même dates que nous, avec un budget largement supérieur. Bien sûr, l’apparition de Rock en Seine ne nous a pas rendu la vie facile, c’est un festival énorme, très proche en dates du nôtre, avec un champ d’action moins pointu mais assez similaire, et encore une fois un budget plus conséquent.

Quelles sont vos règles pour la programmation ?
On essaie d’éviter le piège qui consiste à se jeter sur un nom à la mode. Notre but c’est d’essayer de trouver des artistes qui proposeront un spectacle exceptionnel au sens propre du terme, quitte à ne pas brosser le public dans le sens du poil. En tout cas, on cherche à tout prix à éviter le ventre mou.

Le Fort de Saint-Père, c’est l’âme de la Route du Rock ?
Le festival est évidemment très lié au Fort. Même si on organise maintenant des concerts sur d’autres sites à Saint-Malo, c’est un élément très fort de notre identité. C’est aussi pour ça qu’on ne cherche pas forcément à exploser. On n’oublie cependant pas qu’une de nos plus belles éditions, en 1998, a été réalisée en dehors du fort. Cette année-là, avec notamment PJ Harvey et Portishead, on a réuni une des plus belles affiches du festival, et également réalisé un de nos plus gros scores d’affluence. Eventuellement, si on décroche un jour un concert d’une énorme tête d’affiche, comme Radiohead, on pourra peut-être imaginer l’organisation d’une quatrième soirée spéciale en plus des trois soirées de festival. Mais on ferait ça en essayant de privilégier le plus possible nos fidèles festivaliers, ceux qui nous suivent depuis plusieurs années, et pas seulement ceux qui se lèveraient suffisamment tôt pour faire sept heures de queue à la FNAC.

On vous entend souvent parler de Radiohead : c’est visiblement un grand regret pour vous de n’avoir pas réussi encore à les faire venir à Saint-Malo…
C’est effectivement un regret de ne pas réussir à les programmer, d’abord parce qu’un concert de Radiohead, c’est toujours grandiose, et ensuite parce qu’on les aime depuis le début, on a même été les premiers à les faire jouer en France à Rennes en 1993… devant une bonne centaine de personnes. Pourtant on les invite chaque année, et on aligne notre offre financière de façon à ce que l’argent ne soit pas un critère. Mais il faut savoir que les artistes, mêmes ceux comme Radiohead qui ont pourtant une vraie démarche artistique, exigeante et libre, ne choisissent pas réellement les endroits où ils vont jouer, leurs agents se chargent de tout. Les groupes ne vont pas jouer là où ce serait cohérent artistiquement, ils vont là où on leur dit d’aller…
On a toutefois quelques artistes qui se souviennent d’avoir joué chez nous, qui se souviennent qu’on a été les premiers à les faire venir en France et à les soutenir, et qui nous font l’immense plaisir de revenir jouer chez nous en tête d’affiche. Muse en est un bon exemple, ils sont revenus en 2001 après leur premier concert français à la Route du Rock en 1999. Placebo, DJ Shadow ou Interpol, également.

Vos grands espoirs pour l’affiche 2006 ?
On attend beaucoup de Band Of Horses. Belle and Sebastian, on leur courait après depuis des années, on a enfin réussi à les avoir. Le concert des Liars risque de décoiffer sévèrement, ceux qui s’accrochent encore à une image poppy-gentillette du festival risquent d’en être pour leur frais. Au Palais du Grand Large, on accueillera Micah P. Hinson, qu’on essaie de faire venir depuis deux ans ; on attend aussi beaucoup d’El Perro Del Mar, une jeune et fragile suédoise, qui pour nous a été une des grandes claques de cet hiver.
En parallèle, on a travaillé à l’intégration du festival Sous La Plage. Sous La Plage, c’est un festival gratuit qui se déroule chaque année au Parc André Citroën à Paris. Ils cherchaient à décentraliser une date hors de Paris, on leur a donc proposé d’organiser ça à Saint-Malo. Ils sont très proches de nous musicalement, et ont la même conception que nous du spectacle et de la culture. En plus de la musique, ils travaillent beaucoup sur le graphisme, le dessin, la scénographie, on devrait donc retrouver cet esprit et cette fraîcheur à Saint-Malo.

Faire venir Catpower, c’est un grand risque ? Chan Marshall est connue pour son comportement erratique en concert…
On a longuement pesé le pour et le contre pour ce concert : c’est vrai, et on en est conscient, que Chan Marshall c’est une personne très fragile, ses concerts peuvent parfois s’en ressentir. Là il y a aussi un élément de coût qui a été important : elle joue avec le groupe qui l’a accompagné sur son dernier disque, ce sont des pointures qui officient depuis des années. Les faire venir tous pour une date unique, c’est logistiquement très compliqué et évidemment très cher. Aux dernières nouvelles, ses concerts aux Etats Unis et en Angleterre ont été merveilleux, Chan est très à l’aise avec tout le groupe derrière. Donc c’est un risque, financier et artistique pour nous, mais on est prêts à tenter cette expérience pour vivre un moment unique, c’est ce genre de risque qui nous fait avancer et nous permet de vivre des concerts exceptionnels…

Programmation

L’édition 2006 n’offre pas de tête d’affiche aussi spectaculaire que The Cure en 2005, et laprogrammation apparaît sur le papier un peu en retrait ; la prestation de Franz Ferdinand (photo) devrait toutefois rassembler un large public au Fort de Saint-Père. La présence de Belle and Sebastiandevrait également assurer l’adhésion des plus fidèles des indiepopeux. On attend beaucoup des jeunes américains The Spinto Band, qui ont débarqué en fanfare avec leur premier album « Nice and Nicely Done », véritable rayon de soleil de ce printemps. TV On The Radio, qui vient de confirmer son talent et sa singularité sur un second album n’ayant rien à envier au tonitruant « Desperate Youth / Blood Thirsty Babies », sera également un des temps forts du festival.Mogwai, en concert, divise souvent le public : si la puissance paroxystique de sa musique atteint sur scène son apogée, le volume sonore parfois difficilement soutenable et la longueur des expérimentations font de ses concert des moments extrêmes auxquels seuls les plus avertis peuvent survivre…La pop sexy et mutine des Pipettes (accompagnées de leur groupe, The Cassettes) devrait apporter son lot de bonne humeur désinvolte et décalée, et imposer la robe à pois comme le must de l’été. Autre temps fort attendu, Calexico, même sans son traditionnel orchestre de mariachi, devrait en toute logique réussir à imposer la beauté désertique de ses chansons en cinémascope.

S’il ne nous emmerde pas à couper et remettre le son, Katerine, qu’on attend bien transpirant dans ses moule-boules en lycra, emportera le Fort dans son univers barré. Et on se félicitera qu’il soit venu accompagné de sa promise, la belle Helena Noguerra, qu’on courra voir officier sur la plage, en compagnie de Frédéric Pellegrino, sous le nom de Dillinger Girl & Baby « Face » Nelson

Au Palais du Grand Large enfin, on suivra avec attention les performances de Grizzly Bear et d’une Isobel Campbell (photo) qui, faisant bande à part de ses anciens comparses de Belle and Sebastian, viendra défendre avec le chanteur des Vaselines les chansons du bel album qu’elle a enregistré cette année avec Mark Lanegan.

La programmation complète :
Vendredi 11 août : Liars, Mogwai, Calexico, Islands, Why?, Howling Bells (Fort de Saint-Père), Grizzly Bear, Friends of Dean Martinez (Palais du Grand Large), Port-Royal, Ulrich Schnauss (Page de Bon Secours).
Samedi 12 août : Radio 4, TV On The Radio, Cat Power & The Memphis Rythm Band, Belle and Sebastian, The Pipettes, You Say Party! We Say Die! (Fort de Saint-Père), Stuart A. Staples, Micah P. Hinson (Palais du Grand Large), Dillinger & Baby « Face » Nelson, Dimitri Plays (Plage de Bon Secours).
Dimanche 13 août : Chloé, The Spinto Band, Franz Ferdinand, Katerine, The Television Personalities, Band Of Horses (Fort de Saint-Père), Isobel Campbell, El Perro Del Mar (Palais du Grand Large), Sol Seppy, Dimitri Plays (Plage de Bon Secours).


Questions

Une nouvelle fois, le festival nous offre un échantillon représentatif de la diversité de la scène indé. Mais qu’est-ce qui peut bien faire courir tous ces artistes jusqu’en Bretagne ? Pour en savoir plus, nous avons soumis quelques-uns des musiciens programmés cette année à un questionnaire type.

 
Paul Thomson (Franz Ferdinand) :

1. Que pensez-vous de la Route du Rock ? Si vous n’y avez jamais participé qu’en attendez-vous ?
La programmation est certainement l’une des meilleures de tous les festivals où nous avons joué cette année. On sent que les organisateurs n’ont pas juste choisi de jeter de l’argent sur une grosse tête d’affiche afin de vendre des tickets. Nous sommes curieux de voir ce que Katerine fera sur scène, un ami m’a donné son album l’année dernière et je n’ai pas arrêté de l’écouter depuis. En outre The Television Personnalities vont être mortels. Je peux même pleurer.
2. Quel est votre meilleur/pire souvenir de concert en France ? Pourquoi ?
Alex a, par le passé, déchiré son pantalon pendant un concert à Lyon. Nous avions juste commencé l’intro au clavier de Auf Achse, qui est sur le premier album, quand il s’en est rendu compte. Il s’est alors glissé en coulisse pour se changer dans les loges, nous laissant tous les trois à faire tourner en boucle l’intro jusqu’à ce qu’il revienne. Je ne savais pas ce qu’il se passait, je pensais qu’il avait une sorte de crise d’asthme et j’étais vraiment inquiet. Apparemment il n’avait plus de sous-vêtements propres et il le portait à la ‘commando’, bien que peu de commandos portent des pantalons serrés Dior Homme.
3. Vous faites quoi sinon cet été ?
Festivals, festivals, festivals, boire, manger, festivals, festivals, festivals, prendre le soleil, festivals.

Aaron Hemphill (Liars) :
1. Que pensez-vous de la Route du Rock ? Si vous n’y avez jamais participé qu’en attendez-vous ?
Nous n’avons jamais joué là-bas. La France a toujours été incroyable pour nous… Donc, on s’attend à ce que la Route du Rock se termine dans des torrents d’amour, d’affection bleu blanc rouge et de magnifiques pendules miroirs.
2. Quel est votre meilleur/pire souvenir de concert en France ? Pourquoi ?

Le meilleur : la vidéo qu’une personne du public a tournée pendant que nous faisions une reprise de Nirvana sous des acclamations dignes d’une course cycliste.
3. Vous faites quoi sinon cet été ?
Eclater tous les groupes de la Route du Rock.

Joey Burns (Calexico) : 
1. Que pensez-vous de la Route du Rock ? Si vous n’y avez jamais participé qu’en attendez-vous?
J’imagine que ce sera bien, une grande fête et une chance de voir plein de talents divers. Les festivals européens ont toujours une programmation plus variée que les festivals aux Etats-Unis. Nous sommes très honorés et très excités d’en faire partie. En plus, je suis très impatient de profiter de la bonne nourriture, du bon vin et d’aller dans les magasins de chaussures !
2. Quel est votre meilleur/pire souvenir de concert en France ? Pourquoi ?
Jouer au Jimmy, à Bordeaux en 1999, dans une salle comble, fut simplement le meilleur. La foule, le lieu, l’histoire du club et de son propriétaire. Tout était réuni pour en faire une expérience chaude, moite et festive. Il nous en faudrait plus ! Le Jimmy était un bar légendaire, qui n’est plus ouvert aujourd’hui, mais on sentait qu’il faisait partie d’une tradition de la musique et de la communauté indé qui appréciait la variété de la musique. De nos jours, les salles ont été achetées par de grosses compagnies comme Clear Channel et l’esprit indépendant n’est plus pris en compte.
3. Vous faites quoi sinon cet été ?
J’ai prévu de faire quelques travaux chez moi et de passer du temps avec la famille. C’est une année chargée pour nous, donc j’essaie d’en faire le moins possible lorsque je ne suis pas en voyage.

Ulrich Schnauss :
1. Que pensez-vous de la Route du Rock ? Si vous n’y avez jamais participé qu’en attendez-vous?
J’attends vraiment avec impatience de voir la prestation de Howling Bells. C’est à mon avis l’un des meilleurs groupes du moment, mais je n’avais pas encore eu la chance de les voir sur scène jusque là.
2. Quel est votre meilleur/pire souvenir de concert en France ? Pourquoi ?
Je n’ai jusqu’ici jamais joué en France, une autre raison pour être impatient.
3. Vous faites quoi sinon cet été ?
Je n’ai pas fait de plan spécifique pour la saison. J’espère simplement que je continuerai à travailler sur de nouveaux morceaux et à profiter de ma nouvelle maison à Londres.

Sarah (El Perro Del Mar) :
1. Que pensez-vous de la Route du Rock ? Si vous n’y avez jamais participé qu’en attendez-vous ?
Pour être honnête, je n’avais jamais entendu parler de La Route du Rock avant d’y être invitée. Après avoir regardé la programmation de cette année et des années précédentes, j’ai fini par comprendre que c’est un festival de qualité et populaire… et dans une si belle ville. Ça sera mon premier festival français et je suis très impatiente d’y être.
2. Quel est votre meilleur/pire souvenir de concert en France ? Pourquoi ?
Je n’ai joué que quelques fois à Paris et je n’en ai que de bons souvenirs. J’ai senti qu’il y avait quelque chose de très caractéristique, qui différencie le public français des autres. Il est très attentif et respectueux, on peut voir comment il cherche à absorber la musique. J’aime ça !
3. Vous faites quoi sinon cet été ?
Je suis en plein début de travail sur un nouvel album. Je suis à la phase de l’écureuil en ce moment – je récolte des choses, cherche l’équilibre et rassemble inspiration et énergie. Dans deux semaines, je commencerai l’enregistrement. Je dois jouer également quelques concerts ici et là, mais j’essaie au maximum de fixer mon esprit sur ce nouvel album.

The Pipettes :
1. Que pensez-vous de la Route du Rock ? Si vous n’y avez jamais participé qu’en attendez-vous ? 
Nous espérons de grandes choses. Nous avons entendu beaucoup de bonnes choses sur le festival en tant qu’événement et des groupes comme Liars et Why? font des choses nouvelles en matière de musique. Nous faisons, nous aussi, des choses nouvelles avec la musique.

2. Quel est votre meilleur/pire souvenir de concert en France ? Pourquoi ?
Nous avons fait deux concerts en France et les deux ont été incroyables. L’un avec The Go! Team et l’autre avec The Priscillas. Le meilleur moment fut sans aucun doute lorsque notre guitariste a fait une DJ battle avec un DJ parisien après le concert de The Go! Team. Le pire moment a été lorsque notre bassiste a fait une crise d’angoisse de trois heures dans l’Eurostar, lors de notre retour. Il doit vraiment détester l’idée de rentrer chez lui. Il a quand même eu une semaine d’arrêt de travail. Ordre du médecin !
3. Vous faites quoi sinon cet été ?
Tournée et festivals. On va attraper un peu le soleil en Europe et notre guitariste va finir son mémoire. Et bien sûr, la domination du monde avec un album en tête des charts !

Port-Royal :
1. Que pensez-vous de la Route du Rock ? Si vous n’y avez jamais participé qu’en attendez-vous ?
C’est un super festival, un endroit incroyable avec quelques-uns des groupes les plus importants de la scène indé… C’est un très grand honneur pour nous d’avoir été contactés pour jouer là et une occasion unique de présenter notre musique à une audience bien plus large que celle à laquelle nous sommes habitués.
2. Quel est votre meilleur/pire souvenir de concert en France ? Pourquoi ?
Le concert de cet été sera notre première visite en France !
3. Vous faites quoi sinon cet été ?
Nous venons juste de terminer le tournage de notre premier clip, Flares pt. 2, à Gènes avec Massimo Federico. En juillet, nous avons aussi quelques dates dans le Nord de l’Italie. Le reste du temps, nous travaillons beaucoup sur notre nouvel album. Ça sera un 10 titres de 58 minutes. Nous en présenterons pas mal lors de notre concert électronique à la Route du Rock. Nous espérons le terminer avant la fin de l’été. Nous travaillons également sur des remixes pour Televise et Millimetrik et sur une version ‘remix’ de notre album « Flares ».

Bill Elm (Friends of Dean Martinez) :
1. Que pensez-vous de la Route du Rock ? Si vous n’y avez jamais participé qu’en attendez-vous ?
Nous sommes vraiment excités, aussi bien par la programmation que par le fait de venir en France. Nous n’avons pas beaucoup joué en France… une seule fois en fait, à Colmar il y a 7 ans.
2. Quel est votre meilleur/pire souvenir de concert en France ? Pourquoi ?
A Colmar, le club avait été fermé entre le bouclage de la date et notre arrivée, nous avons fini par jouer dans un ancien atelier de métallurgie, aux milieux des machines. Cela ressemblait beaucoup à une ‘house party’. C’était pour Halloween 1999, c’était très marrant.
3. Vous faites quoi sinon cet été ?
Je jardine surtout, je monte une clôture et je joue les paysagistes… Un été relaxant bien que trop chaud. Nous avons juste terminé l’enregistrement de la bande originale du prochain film de Richard Linklater, « Fast Food Nation », qui sortira le 20 octobre prochain. Cet été est un peu une pause pour nous en attendant des vacances françaises en août.

Chroniqueur
  • Publication 554 vues10 juillet 2006
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