"> The Good, The Bad and The Queen :: Paris [Cabaret Sauvage] :: 6 février 2007 - Indiepoprock

The Good, The Bad and The Queen :: Paris [Cabaret Sauvage] :: 6 février 2007

Véritable caméléon, Damon Albarn n’en finit plus de nous étonner. Après Gorillaz et ses concerts virtuels, puis quelques collaborations, l’ancien leader de Blur revient sur le devant de la scène avec une formation de bonne facture : Paul Simonon, ex-Clash, à la basse, Simon Tong, ex-The Verve, à la guitare et Tony Allen, ex-Fela Kuti, à la batterie. Un album réussi, une promo décalée sur la façade de Buckingham, une presse plutôt accrocheuse… The Good, The Bad and The Queen démarre assez bien. ll ne restait qu’à confirmer le potentiel de la formation sur scène. Là où d’autres auraient choisi une Cigale, un Elysée-Montmartre, voire, pourquoi pas, un Olympia, The Good, The Bad and The Queen opte pour l’intimisme du Cabaret Sauvage, billetterie éclair et concert à guichets fermés bien entendu.

Pour chauffer la salle, Tony Allen se charge de la première partie avec son combo funk’n’soul. Le batteur ne peut cacher son passé tant cette mise en bouche rappelle son expérience au côté de Fela Kuti. Sa musique résonne encore des rythmes du maître de l’afrobeat mais l’âme n’y est pas vraiment et le set a du mal à décoller. Les orchestrations, bien que vitaminées, sombrent vite dans la monotonie. Le même Tony Allen reprend place derrière ses fûts quand la bande de The Good, The Bad and The Queen débarque sur scène sous les ovations d’un public impatient. Costard cintré, chapeau haut de forme, sourire et regard de minet, Damon Albarn a sa classe habituelle. The Good, c’est lui. A ses côtés, Paul Simonon a mis les habits de The Bad : chapeau et dégaine de gangster… sans oublier, un autre symbole des temps rebelles, sa basse blanche, celle de la célèbre pochette de London Calling. Simon Tong complète le front line tandis que quatre demoiselles, chapeautées aussi, s’il vous plaît, et le clavier se répartissent en back line. En fond de scène, les toîts de Paris en carton pâte installent tout ce petit monde dans une ambiance d’une autre époque, intimiste et chaleureuse.

Albarn mène sa troupe, alternant entre micro et piano. Malgré quelques soucis de sons et quelques accros, les mélodies pop prennent leurs ampleurs dans cette petite salle, servie par un chant profond et somptueux et appuyé par un quatuor de cordes bien en place. Sur scène, le groupe tente de libérer les pulsions rock confinées dans leurs chansons et inexploitées sur l’album : Three changes interprétée au lance-pierres à la frontière du ska, l’envolée sur le break de Kingdom of Doom, le chant envoûtant sur Herculean ou l’explosion sur The Good, The Bad and The Queen. On sent bien que le groupe tente de sortir quelque chose du fond de ses tripes, comme pour décompléxer la pop un peu trop léchée de ses compos. Peut-être pas encore assez rodés en live, certains titres ne vont pas au bout de leur potentiel. Mais, l’ensemble se tient plutôt bien et offre une visite jouissive d’un premier album plutôt réussi.

Personne n’a vraiment compris si The Good, The Bad and The Queen est né pour contrer la seconde salve d’Arcade Fire, pour couper l’herbe sous le pied à Belle and Sebastian ou simplement pour occuper quelques musiciens en manque de projets. Après avoir marqué les années 90 avec Blur, Damon Albarn prouve qu’il reste l’un des personnages les plus intéressants de la scène pop anglaise actuellement.

Chroniqueur
  • Publication 173 vues6 février 2007
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