"> Tilly and The Wall + Poni Hoax - Paris - [Point Ephémère] - 24 février 2006 - Indiepoprock

Tilly and The Wall + Poni Hoax – Paris – [Point Ephémère] – 24 février 2006

Ce n?est pas la foule des grands jours au Point Ephémere et pourtant les deux groupes l?auraient amplement mérité. L’affiche réunit Poni Hoax, signature prometteuse du jeune label parisien Tigersushi, et le combo américain Tilly and The Wall.

C?est face à une salle aux deux-tiers pleine que Poni Hoax monte sur scène. Le quintet parisien offre soixante minutes d?un show tendu et électrique, savant mélange des productions de DFA, de cold wave et d?électro 8-bits. Avec un début de set tonitruant, au son d?Involutive Star et de You Gonna Miss My Love, la couleur est clairement annoncée : en live, les cinq poneys déchaînés laissent de côté le registre de l?électro-chic au bénéfice d?une intensité rock dance-floor incandescente.

Nicolas Ker, chanteur façon dandy new-wave, occupe l?espace de façon impressionnante et gratifie le public de quelques ruades dont Maxïmo Park n?aurait pas eu à rougir. A sa gauche, Laurent Bardainne claviériste aux faux airs de Robert Smith malmène ses claviers, jetant quelques regards complices à Nicolas Villebrin, casaque blanche rayée rouge, guitariste impeccable à la grande variété de jeu. Le furieux L.A. Murder Hotel et le très accrocheur She?s On The Radio mettent les premiers rangs en transe et imposent Poni Hoax comme un grand groupe de scène. Budapest, agrémenté d’un solo de batterie furibard, vient conclure le set et confirmer que Poni Hoax est à compter parmi les meilleures formations parisiennes. On sort complètement conquis par cette prestation même si l?on aurait pu apprécier que le groupe communique davantage avec son public.

Le changement est total avec l?arrivée des américains de Tilly and the Wall, cross-over improbable entre electro-folk minimaliste et pop sucrée, emmené par les filles cachées de Peaches et de Fred Astaire. Ici tap dancing (comprenez les claquettes) et punk attitude cohabitent dans un joyeux bazar à la frontière de l?antipop.

Accompagné de Derek Presnall (guitare, chant) et de Nick White, (clavier programmation), le trio sexy en diable composé de Jamie Williams (tap dancing), Kianna Alarid et Neely Jenkins (chant, percussion, basse) accapare toute l?attention du public, tant ces filles dégagent de spontanéité et d?énergie. Les compositions démontrent un vrai sens de la mélodie qui puise dans les productions « girls-band » du début des années 60 comme The Ronettes ou The Supremes, tout autant que dans le répertoire des Beatles (période Beatlemania), ou celui du Velvet Underground. Néanmoins, les rythmiques et les claviers low-fi flirtant avec le kitch évoquent aussi les productions de Chilly Gonzales. On pourrait poursuivre plus avant ce rapprochement tant Tilly and the Wall fait preuve d?une volonté de ne pas se prendre au sérieux et d?offrir avant tout un spectacle.

Du set, on retiendra tout particulièrement les titres The Night of The Leaving Dead et The Perfect Fit dont les refrains seront spontanément repris par un public conquis par tant de fraîcheur. Les Américains, visiblement surpris d?un tel accueil, offriront trois rappels avant de descendre, tout sourires, dans le public, sans passer par la case backstage.

Tilly and the Wall est le parfait exemple du groupe « d?entertainists », concept à la limite de l?art total, revendiqué par Gonzales. Remercions les de nous avoir apporté, en ce vendredi soir, un peu de surréalisme dans la grisaille du quai de Valmy.

Chroniqueur
  • Publication 302 vues24 février 2006
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