Vetiver – This is the Kit
Quelques mois après la sortie de son album "To Find Me Gone" Vetiver était de passage à la Maroquinerie le 12 Septembre. Ce concert est l’occasion pour Andy Cabic et les siens de nous faire partager leur musique dans une salle à taille humaine, favorable a priori pour les compositions et les arrangements du groupe. Retour sur une prestation livrée autour d’un parterre d’auditeurs assis paisiblement sur des chaises en bois.
A peine entre-t-on dans la salle en sous-sol de la Maroquinerie qu’une impression de calme envahit l’auditeur. Des chaises sont installées un peu partout, ce n’est pas ce soir qu’on rentrera épuisé d’avoir été bousculé dans tous les sens. Après tout on est venu voir un concert de folk tenu par Vetiver, dont le leader Andy Cabic compose un répertoire très influencé par la musique hippie des années 70. On n’est pas trop étonné d’apprendre qu’il joue aussi avec Devendra Banhart.
Le concert démarre avec la première partie, This is the Kit. La chanteuse Kate Stable s’accompagne d’une guitare ou d’un banjo. Elle est aussi épaulée par un musicien multi-instrumentiste chargé de jouer des percussions, d’une deuxième guitare, où encore d’un violon. Très inspirée par Bob Dylan et surtout Jonathan Richman, la musique de This is the Kit se veut tout acoustique et se distingue par une inspiration volontiers naïve et enfantine. Kate Stable chante d’une voix magnifiquement vaporeuse, tout en jouant un ou deux accords de guitare. This is the Kit nous livre une musique folk simple (mais pas simpliste !) et finalement très personnelle. Et leur prestation de s’achever par une reprise country lors du rappel.
On a juste le temps de prendre un verre que déjà la lumière s’éteint de nouveau, cette fois-ci pour le concert de Vetiver. On peut alors entr’apercevoir Devendra Banhart en personne dans la salle au milieu des spectateurs. Le groupe arrive sur scène, les musiciens ont choisi le look cheveux longs, barbe foisonnante et chemise à carreau (seule exception pour un guitariste). La musique de Vetiver, alors très acoustique sur disque, se révèle plus électrique et cela dès les premiers titres. En effet les atmosphères pastorales issues des albums de Vetiver sont ici jouées dans un style plus proche du folk-rock des années 70.
Sur de nombreux titres, comme Maureen ou encore I Know No Pardon, Vetiver décide de mettre un peu plus en avant la guitare électrique et d’accompagner tous les morceaux à la basse et la batterie. Pourtant l’album "To Find Me Gone" est essentiellement acoustique et ne dispose pas toujours de tels éléments de composition. Cette idée peut sembler être une bonne chose pour rendre la prestation plus spectaculaire sur scène, d’autant que les musiciens sont tous excellents. Mais cela n’apporte finalement qu’un peu de superflu, alors que l’interprétation aurait pu gagner plus d’authenticité et de personnalité, en évitant tous ces instruments pour se recentrer autour de la voix et de la guitare acoustique d’Andy Cabic.
C’est seulement sur des morceaux comme You May Be Blue, plus adaptés à cette formation, que le groupe trouvera son ampleur, et qu’on choisira de rendre définitivement les armes. Vetiver termine avec le titre Down At El Rio, où il sera rejoint et encouragé par Devendra Banhart, venu chanter sur le chœur. Il en sera de même pour le rappel, très blues-folk-rock.
Au final, un bon concert, malgré les orientations musicales sur lesquels on pourrait discuter des heures (fallait-il y mettre de l’électricité ?). La musique de Vetiver n’est pas toujours originale, car peut-être trop marquée par le folk des seventies, mais elle fonctionne suffisamment pour en apprécier les compositions appliquées sur scène. De quoi donner envie de ressortir une vieille chemise à carreaux qui traîne au fond d’un placard !




