"> AH#10 avec Ron Sexsmith - Indiepoprock

AH#10 avec Ron Sexsmith

Nous n’avons pas vraiment l’habitude de filmer en plein air ; nous avons pris nos habitudes « sédentaires » (au Méloz notamment) et notre dispositif se prête en général mieux à une prestation en intérieur. Qui plus est, en ce qui concerne les sessions acoustique en plein air, le créneau est bien occupé depuis longtemps… Pour Ron Sexsmith, cependant, tout a dû être organisé le jour même, en quelques heures à peine. Pour ce qui est du lieu, on a donc dû composer avec les moyens du bord en nous installant dans un passage piéton à quelques encablures du Café de la Danse. Les voisins se plaignent, viennent nous demander d’aller voir plus loin : on n’a pas demandé d’autorisation pour filmer dans le passage privé. Administrativement ils ont raison. Musicalement, ils sont stupides.

S’ils étaient restés 10 minutes avec nous (puisque c’est environ le temps qu’il nous a fallu pour tout mettre en boîte), ils auraient pu observer que Ron Sexsmith, c’est ce que le « classic rock » peut avoir de plus classe. Pas de réinvention d’un style, simplement une approche d’artisan au sens le plus noble qui soit : compositions entre pop et folk, mélancoliques mais pas tire-larme, accrocheuses mais pas racoleuses, l’équilibre est étonnant et bien sûr, le tout est servi par la voix de velours de Sexsmith… On ne recueille pas si facilement les suffrages de Paul McCartney ou Elvis Costello !

Dix minutes à peine, donc, pour deux brefs titres tirés du dernier album du Canadien (« Long Player Late Bloomer »). Même privées de leurs arrangements, même en extérieur avec un peu de vent, Get In Line et Love Shines conservent toute leur douceur et leur suavité. C’est le signe de sacrées chansons… On regrettera juste le mutisme du bonhomme qui, soit naturellement peu loquace, soit fatigué par l’exercice, n’aura pas échangé plus que cela avec nous – on le lui pardonne bien volontiers !


Get In Line et Love Shines


Chroniqueur
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