"> - Indiepoprock

En arrivant sur scène avec 40 minutes de retard sur l’horaire annoncé, Alec Empire avait déjà bien chauffé les quelques 700 spectateurs du Botanique. Stratégique ou non ? Pas de faux débat ici, la propension du berlinois au one man show étant aussi évidente que son énergie explosive. Monsieur Empire accompagné de trois musiciens (guitare, batterie, Power Book Titanium) nous a servi un show hallucinant à tout point de vue. Lumières agressives majoritairement blanches, stroboscope, alternance d’éclairage entre la scène et le public. Son plutôt fort mais parfaitement dosé pour peu qu’on ne soit pas sur les côtés. Le set, composé exclusivement des titres du CD1 d' »Intelligence and Sacrifice », a transformé la salle en un dancefloor tantôt enthousiaste (en particulier sur « The Ride », « Killing Machine » ou « Addicted To You ») tantôt hésitant, voire hébété devant tant de violence sonore (« Tear It Out » ou « Buried Alive » ont fait fuir quelques curieux) pourtant moins éprouvante que l' »expérience » Atari Teenage Riot. Les titres se sont enchaînés sans répit et sans un mot d’Alec Empire hormis des « I can’t hear you » cycliques qu’il psalmodiait en tendant son micro au dessus du public, encourageant ainsi le noyau de fans à hurler. Mais le petit frère siamois de Trent Reznor ne se limitait pas à ces tièdes tentatives de communion avec le public : il arpentait la scène constamment, quand il ne faisait pas des bonds à faire pâlir les teenage de groupes de nu metal, assènant ses textes ultra répétitifs avec une rage sourde et un regard noir perçant rivé en permanence sur les premiers rangs. Le final, un « New World Order » de 20 minutes, fut le paroxysme d’une soirée à l’image de l’ego d’Empire (qui par ailleurs n’a jamais adressé le moindre regard à ses musiciens). Perché à côté de la batterie, il s’est enroulé le micro autour du cou, puis les bras en croix s’est approché de la fosse et a invité le public à s’agglutiner devant pour qu’il puisse sauter dans la foule. Le slam a duré deux bonnes minutes, le temps pour les musiciens de quitter la scène laissants ainsi leur maître jouir de son statut de demi dieu, bidouilleur surdoué ou mégalo grand guignolesque… Puis il a regagné la scène, toujours à l’horizontal, pour rester tapi dans le noir. Et le public de quitter la salle après une heure de show, abasourdi, intrigué, fasciné.

Chroniqueur
  • Publication 308 vues25 septembre 2002
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