"> - Indiepoprock

Notre duo rock fusionnel préféré revient à la Cigale. Une salle qui avait déjà fini dans un bain de feu, de sueur et de sang, il y a bientôt deux ans. Alors tiens, justement, comme on commence à bien connaître les deux oiseaux, on ne résiste pas à la tentation de la comparaison.

Premier point, la première partie. Qui s?y colle ? Changement de dernière minute, British Sea Power passe son tour, et laisse le jeune groupe Nelson monter sur les planches. Une formation, rock alternatif sous influence post punk, aussi barrée que les Kills mais dans un style bien différent et, à vrai dire, quand on connaît l?intensité des prestations de ces derniers, il vaut mieux. Les quatre parisiens y vont franchement et débutent sous une sirène alarmante un concert tout à fait captivant. Des chansons surprenantes qui se déplient au fil des couplets au rythme heurté de brusques déferlantes sonores. Le chant tendu s?accorde aux compositions pour exploser en fin de morceau ou s?évaporer sur une mélodie fragile. On se laisse prendre dans une vague de son bien sentie, on s?enthousiasme pour l?efficacité du jeu et on termine sur un poème allemand mis en musique d?une violence émouvante.

Désinstallation rapide, et mise en place de l?équipement minimaliste des Kills. VV et Hotel se font attendre. Normal, ils jouent toujours sur la frustration. Deux silhouettes frêles rodent enfin sur scène, ce sont eux ! On démarre au quart de tour, VV arpente la scène tourne et retourne dans l?espace libre avant de s?accrocher au micro pour laisser couler sa fureur fauve, les yeux masqués sous une frange aussi noire que sa peau est blanche. Le chant s?est libéré. Non moins fiévreux, il s?affirme face aux riffs imposants d?un Hotel qui gagne en précision.

De plus en plus proche de son aînée Jennifer Herrema (RTX), la dangereuse prêtresse des dingues VV approche le premier rang et se contorsionne sur les enceintes. Et ce n?est pas un hasard si tous ses gestes tombent d?une manière si belle et un peu artificielle : les Kills se donnent en spectacle. La catharsis de la scène est devenue un principe, on se grime de l?excès pour faire du réel un spectacle esthétique qui marche. Ce qui impressionne, c?est cette danse qui interprète la musique, d?autant plus que les versions des morceaux restent proches de l’album.

Quelques extraits du premier LP, notamment l?excellent Cat Claw sont rejoués dans cette perspective, et les titres encore inédits laissent entrevoir un avenir où les chansons s?élaborent, dépassant largement le riff obsessionnel des débuts. Hotel garde son attitude figée, le regard droit vers le fond de la salle, remué de secousses, puis il s?approche d?un micro enlacé avec le second pour chanter. Ensemble. Ils se retrouvent l?un face à l?autre pour finir, car finalement l?essentiel ne change pas, sur un coït électrique au ras du sol. On ne se lasse pas des bonnes choses.

Chroniqueur
  • Publication 201 vues3 juin 2005
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