On a aussi écouté Gloyw – My Father Was A Tree
Gloyw a tout d’un groupe d’alchimistes. Réunion de trois musiciens au parcours artistique forçant un respect infini – Régïs Boulard, Olivier Mellano et John Greaves -, la formation offre la synthèse rêvée d’univers au-delà de la complémentarité.
L’art rock prend ici toute sa dimension, la plus racée. Eblouissant concentré de poésie, de déflagrations toute en retenue, de rythmiques impressionnantes. Les trois artistes parviennent à une fusion brutale et sensible, prenant aux tripes. Il y a quelque chose de tribale, et d’une grande élégance, dans ce disque. Oscillant entre spoken word hanté, chant incantatoire et profondeur intemporelle.
On peut parler d’œuvre, sans outrance, pour cette tempête littéraire à la beauté renversante. Le free rock, le blues, les textes de René Daumal, de Rimbaud traduit par Beckett – pour ne citer que ceux-là – forment un alliage spectaculairement sobre et puissant. Totalement hypnotique, alors qu’il charrie son lot de réalités glaçantes ou ironiques.
L’intensité qui se dégage de l’album est sidérante, et l’on ose imaginer ce que cela doit donner sur scène, là où toute la charge émotionnelle se déploie. « My Father Was A Tree » réconcilie avec le rock, qui redevient ce qu’il est, merveilleux véhicule de toutes les révoltes. Transcendant les époques, il régénère tout ce qu’il embarque, tout ce qu’il touche. Eclairant toute la proximité, la pertinence et la justesse de gestes artistiques parfois éloignés de plusieurs siècles. De la poésie électrique pure.
- Publication 656 vues28 août 2025
- Tags GloywDark Companion
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