"> Gwendoline - C'est à moi ça - Indiepoprock

On a aussi écouté Gwendoline – C’est à moi ça

Un humoriste télévisuel déclarait tout récemment que l’absence de lumière cet hiver en Bretagne, et singulièrement à Brest, pouvait provoquer des dépressions, et que la ville était parfaite pour devenir Michel Houellebecq. Il ne croyait pas si bien dire. Il a, sans le savoir évidemment, fait le plus beau compliment qui soit à cette ville qui accueille désormais le duo Gwendoline.

Impossible, en effet, de définir Gwendoline sans évoquer l’effondrement total d’une écriture qui – on fera l’impasse sur ses dérives politiques maniaco-alcooliques – a si bien décrit cet état psychique propre à une société qui ne semble plus avoir de ressort. Sauf celui de se détruire à petit feu. Sans même le panache de l’auto-destruction spectaculaire.

Voilà qui résume l’univers de Gwendoline, sans que l’on ne sache très bien ce qui relève de l’avertissement ou d’un rejet absolu des conventions sociales, mais de toutes les conventions. D’où qu’elles viennent, pourvu qu’elles alimentent la machine collective, et toutes ses hypocrisies.

La musique, évidemment, est enracinée dans la noirceur synthétique d’une cold-wave réduite, elle aussi, à sa plus simple expression. Et on s’arrêtera là. Pas la peine de disserter plus longuement, sur l’efficacité paradoxale de chansons à la fois tristes à mourir et ultra-dansantes.

Gwendoline a, quoi qu’il en soit, l’art de démolir, avec une pertinence qui fait froid dans le dos, le décor de notre société. Si encore elle savait qu’elle respire toujours. Il n’y a rien de mieux qu’une douche froide pour se sentir vivant. C’est toujours mieux qu’une canicule avachissante.

Yan
Chroniqueur