On a aussi écouté Hotel Artesia – Everywhere Alone
« Everywhere Alone », d’Hotel Artesia, est sorti initialement fin 2024, sur Honey Muffin Records. Le label brestois Too Good To Be True le ressort, et c’est une très belle nouvelle.
L’occasion de découvrir en France cette dream pop à la douceur délicatement narcotique. Derrière Hotel Artesia on retrouve en fait un homme seul, Kevin Wright. Un musicien qui a commencé par poster ces chansons sur YouTube. 14 en tout, entre 2021 et 2024. D’abord dans l’indifférence générale, avant qu’elles ne soient remarquées par un Label. Comme sorties de la nasse internet pour éclater au grand jour.
Il aurait été dommage d’ignorer plus longtemps ce remarquable univers pop, qui rappelle parfois les fulgurances de The Apartments. Dans la lignée des génies pop, faiseurs de merveilles, mais trop absorbés par leur art, ou trop malchanceux pour parvenir à une reconnaissance massive. On pense évidemment au destin de Felt. Kevin Wright, qui a déjà laissé de sublimes traces au détour des années 90, livre ici de nouvelles pépites, à la grâce introspective, d’une beauté discrète mais tenace.
Il y a quelque chose de doucement irradiant dans cette musique qui semble prendre la frénésie si contemporaine à rebrousse-poil. Tout dans « Everywhere Alone » respire la prise de distance, cette volonté d’infuser des mélodies, plutôt que de les noyer sous des tonnes d’effets technologiques. Et cette démarche fait un bien fou, rappelant les doux pouvoirs de la pop quand elle est composée comme on ralentit le temps. Ou, plutôt, quand on la charge d’une pensée profonde, incarnant autre chose qu’un exercice formaté. On touche alors au sublime. A cette dimension existentielle qui manque tant à notre modernité.
- Publication 1 330 vues25 juin 2025
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