"> Kloé Lang - Interstices - Indiepoprock

On a aussi écouté Kloé Lang – Interstices

On garde précieusement en mémoire le romantisme noir de « Ce Que La Nuit » . Cet astre noir ne cesse de revenir nous hanter. L’envoûtement ne va pas s’éteindre de sitôt avec ce nouvel Ep de Kloé Lang, venant renforcer la puissance toute en douceur de son univers.

De plus en plus étrange, de plus en plus fascinante, la musique de Kloé Lang est un somptueux mélange de pop sophistiquée et d’accidents sonores – rappelant étonnement le meilleur et le plus brillant de Tricky -. Elle atteint avec « Interstices » un degré d’ambivalence sidérant. Cette beauté toxique, parfaitement incarnée par cette terrifiante et sublime « Sirène », déverse sa peine, ses failles et blessures, avec une force intérieure qui emporte tout sur son passage.

On est subjugué, presque désarmé, face à des chansons aux allures de mélopées d’une tristesse infinie. Toujours rattrapées de la noirceur totale par une grâce irrésistible, une poésie qui ne renierait pas Edgar Allan Poe. « Interstices » enivre et hypnotise ; œuvre noire et d’une sensibilité inouïe, elle semble flotter au-dessus d’un monde en perdition, de sentiments à la dérive.

Pourtant, on en garde moins le désespoir qu’une intensité vibrante, une modernité se perdant dans une âme intemporelle. Le deuil plane, les chutes intimes aussi. On demeure au cœur de ces incantations monotones, et belles à pleurer, comme ensorcelé.

Yan
Chroniqueur
Kloé Lang - Interstices