"> Matthieu Eveillard - IV (Le Monde) - Indiepoprock

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Matthieu Eveillard présente là son 4ème album solo. Alors que le musicien avait déjà un remarquable parcours musical – notamment au sein de Kowalski –  il décide de s’installer à New-York, et d’écrire une page plus personnelle. Depuis son premier disque composé dans cette ville à l’aura incomparable, il n’a de cesse d’explorer un folk que l’on qualifie de dark, comme pour en souligner l’exceptionnelle densité.

Au fil des albums envoyés depuis la mégalopole renaissante mais toujours meurtrie, Matthieu Eveillard dessine la géographie d’un exil, la réalisation d’un rêve musical, et le constat d’une terrible blessure, que seul l’art parviendra à refermer.

New York fut l’épicentre d’une scène prodigieuse, dont l’influence n’a jamais cessé. Parfaite incarnation d’une évidence : c’est bien par l’intensité de la créativité et la fulgurance de la liberté que les pierres deviennent éternelles.

Avec « IV (Le Monde) », Matthieu Eveillard démontre brillamment que New York résonne toujours autant, que ce lieu parvient encore et toujours à ouvrir des champs des possibles musicaux. Et qu’il imprime toujours une puissante empreinte dans les imaginaires. Ce disque est sans doute le plus beau, à ce jour, que Matthieu Eveillard ait composé.

D’un équilibre miraculeux entre la langue française et l’anglais, la sombreur de sa mélancolie, la retenue d’une joie intériorisée, il impose sa poésie puissante et son regard profond. Evident et étrange, il érige tout un monde en clair-obscur, une vision singulière, connectée aux plus grands songwriters indépendants américains – de Kurt Vile à Joseph Arthur –, mais également aux plus marquants des musiciens français – on pense parfois à Alain Bashung.

Déplaçant de la plus belle des manières le centre de gravité de son univers. Et offrant ainsi une œuvre magnifique à la langue française comme au folk américain. Un en mot, un disque essentiel.

 

Yan
Chroniqueur
Matthieu Eveillard - IV (Le Monde)