"> The Mellotone Project by Bruno Green - Volume 3 - Love Particles - Indiepoprock

On a aussi écouté The Mellotone Project by Bruno Green – Volume 3 – Love Particles

« Love Particles » vient achever une trilogie à cheval entre musiques et vision politique. Bande-son de la fin d’un temps, gorgée de cultures européennes. Et traversée par les fantômes glorieux, et toujours menacés, d’un continent qui aura vu naître des pans entiers de la pensée universelle, comme les pires destructions de masse.

Cette trilogie peut donc s’écouter comme un bilan, ou comme un voyage rétro-futuriste dans les entrailles d’un monde à la richesse terriblement ambivalente. Quelque part entre expérimentations follement libres et terreurs contenues face aux fractures à l’œuvre.

« Love Particles » donne le sentiment d’aller du chaos jusqu’à l’apaisement. Du bruit, de la fureur, puis au fur et à mesure que les disques se sont enchaînés, un étrange calme s’est installé. La noise fait place désormais à l’ambient, à la musique répétitive. Cela ressemble à un atterrissage en douceur. A moins qu’il ne s’agisse d’une impression de flottement, dans l’attente de la chute.

Tout le disque distille ce paradoxe, accompagné d’une électro à la fois sensible et sombre, tout en clair-obscur. Entre angoisse et recherche désespérée d’un espoir ténu. Bruno Green semble avoir littéralement intégré toute l’âme d’un continent qui s’apprête à rentrer dans l’une de ses tempêtes les plus violentes. Sans que l’on sache très bien si sa culture affolante pourra l’en protéger.

Elle a le mérite de se réinventer en permanence, entre patrimoine contemporain sidérant et désir ardent de créer. « Love Particles » agit comme un avertissement, il noie nos certitudes sous un épais brouillard électro, sans réellement soulever la chape de plomb d’un avenir incertain. Simplement, brillamment, il distille des particules aux allures de ferment. Une musique capable d’ensemencer nos imaginaires, entre sirènes hurlantes, cris d’enfants, ombres et renaissances.

Et c’est d’une beauté à couper le souffle. Parce que l’on sait bien, au fond de soi, que l’Histoire sera toujours la plus forte, et qu’elle entraîne invariablement les individus dans ses méandres toxiques. Mais, elle ne parvient jamais à leur retirer cette liberté ultime. Celle de l’art. Seul véritable matrice de l’humanité. « The Mellotone Project » en est une sublime illustration.

Yan
Chroniqueur