"> Actress - Ghettoville - Indiepoprock

Ghettoville


Un album de sorti en chez .

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Développant une ambiance post-apocalyptique anxiogène à souhait, le dernier album de l'aventure Actress laisse penser que le meilleur est déjà loin derrière.

Darren J. Cunningham ne nous épargne ici aucune tergiversation. Après le mémorable album « R.I.P. » en 2012, celui-ci est en quelque sorte déroutant et serait soumis à une appréciation qui peut largement fluctuer. L’indécision aidant, le résultat apparait très mitigé.

A la première écoute, dans l’ordre, il est fort probable que l’auditeur, immergé dans Forgiven, soit pris d’une incommensurable envie de sortir du traquenard auditif dans lequel il vient de s’engager. C’est oppressant, on n’en sortira pas vivant, il fait chaud, et la mort attend embusquée au prochain détour. Street Corp ne sort pas l’auditeur d’affaire : c’est un périple pénible qui est narré, sur le qui-vive, en garde permanente.

Le fil rouge de cet album consiste à maintenir, au fil des morceaux, et alternativement, une ambiance de relative désolation qui cadre à merveille avec le titre de l’album.

La composante positive que l’on retient à ce niveau de la progression dans les titres, c’est la capacité de Cunningham à émousser le caractère mathématique de l’électro, la propreté du numérique, par des ajouts de loops qui grattent, qui ajoutent en aspérités à l’exécution lisse et programmée.

Après Rims, dont il n’est pas forcément évident de vanter les mérites et qui pourrait figurer sur une compilation post-mortem des enregistrements de l’artiste retrouvés par pur hasard dans une cave après 15 ans, Contagious prolonge l’indécision quant à la sanction à infliger à cet album et colporte la même lourde ambiance que les trois premiers titres.

Birdcage reste sans doute un des rares titres de l’album qui méritent un tant soit peu d’attention. Avec son intro tout en drum’n bass, qui ne durera malheureusement que trop peu, on redresse l’oreille et le titre présente bien, avec un usage soutenu des toms en une singulière ligne d’instrument à vent, façon flûte de Pan, qui fait basculer le morceau dans une ambiance légèrement sud-américaine.

S’enchaînent Our, relativement lounge et plaisant, Time, porté sur, à nouveau et conformément au fil rouge de l’album, la même ambiance pesante et conduit à Towers qui ne déroge pas aux mêmes codes.

L’album n’est pas véritablement dansant, on l’aura compris, même si Gaze et Skyline font ostensiblement hocher la tête et bouger les pieds alors que Image projette l’ombre d’une synth-pop très 80’s qui dénote absolument avec les autres titres.

Mis à part quelques titres, la bande son d’une session urbex est là, nul besoin de chercher plus avant. Qu’il s’agisse d’un hôpital psychiatrique désaffecté ou d’une vaste manufacture en ruines mettant en scène les délabres d’une défunte activité trépidante, qui hument bon la salpêtre humide et la ferraille oxydée. Pour ce qui est de l’intérêt musical, il reste relativement limité et le nombre de morceaux que l’on pourrait trouver plaisir à ré-écouter se comptent sur les doigts d’une main.

 

Chroniqueur

Tracklist

  1. Forgiven
  2. Street Corp.
  3. Corner
  4. Rims
  5. Contagious
  6. Birdcage
  7. Our
  8. Time
  9. Towers
  10. Gaze
  11. Skyline
  12. Image
  13. Don’t
  14. Rap
  15. Frontline
  16. Rule

La disco de Actress

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30%

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