"> Agnes Obel - Philharmonics - Indiepoprock

Philharmonics


Un album de sorti en chez .

«Je n’ ai pas la sensation d’être motivée par la colère, la revanche ou la frustration», explique la danoise Agnes Obel notamment dans une interview donnée à Hugo Cassavetti, l’un de ses grands fans. Agnes Obel, comme Soap and Skin (Autriche) ou Perfume Genius (Etats Unis) est de ces artistes fragiles qui n’auraient pas vu […]

«Je n’ ai pas la sensation d’être motivée par la colère, la revanche ou la frustration», explique la danoise Agnes Obel notamment dans une interview donnée à Hugo Cassavetti, l’un de ses grands fans. Agnes Obel, comme Soap and Skin (Autriche) ou Perfume Genius (Etats Unis) est de ces artistes fragiles qui n’auraient pas vu le jour si la conjoncture avait été un peu différente. C’est comme ces phénomènes naturels qui ne se produisent que lorsque plusieurs conditions sont réunies.

« Philarmonics » est ce genre de disque limpide, forcément ambigu. Riverside serait t-elle une chanson du même acabit que River Man, de Nick Drake ? Cette histoire d’une femme contemplant, depuis la berge, une rivière nous laissant nous interroger sur le possible espoir qu’elle est censée véhiculer, ou au contraire sur une pulsion suicidaire ? La musique est d’une simplicité désarmante, mais jamais vide de sens ; il y a symboles, significations, anciens sentiments remontés à la surface au moment de s’y mettre, et bricolés un peu à la manière de vieux trucages de cinéma.

«Très tôt, les films d’Hitchcock m’ont marquée. J’adore son style énigmatique, son esthétique d’une très grande sophistication et beauté, mais toujours d’une extrême simplicité. Les images et les mélodies les plus épurées sont mes principales sources d’inspiration et d’émotion». L’intérêt de Obel pour l’univers d’Hitchcock va de soi ; faire écouter son disque c’est avant tout manipuler l’auditeur ; susciter l’émotion, le charmer bien sûr, une légère nostalgie peut –être : mais surtout, le faire réfléchir, le hanter après coup, par des tournures personnelles, par une façon légèrement décalée dans le temps et l’espace, pas tout à fait réelle. La musique flottante nous inviter à flotter avec elle, c’est-à-dire à renoncer à notre enveloppe – à nos principes, aux choses dont on était persuadé.

«Je ne me vois pas comme une chanteuse qui joue du piano. Le piano et le chant sont deux choses égales pour moi – peut-être pas inséparables mais très connectées. Vous pouvez dire qu’il s’agit de deux voix égales». Les textes chantés n’ont d’ailleurs pas toujours été évidents. «J’ai toujours été attirée par les mélodies toutes simples, presque enfantines. Que j’entendais comme des chansons. J’ai d’ailleurs mis longtemps avant d’écrire des textes, les airs que j’aime me semblaient déjà raconter une histoire, projeter des images. Et puis écrire des paroles qui ont du sens mais dont les mots restent de la musique est si difficile». Onze chansons, et une douzième ; I Keep a Close Watch, chanson d’amour sublimement écrite par John Cale, du tandem mythique qui donna le Velvet Underground.

L’entêtant Just So  a servi pour illustrer une champagne publicitaire de la compagnie Deutche Telekom outre-Rhin. On comprend mieux pourquoi en écoutant le refrain. «Someday, it’s gonna be the day/Your hear Somebody Say/We need you right away».

Chroniqueur
  • Publication 958 vues16 juin 2011
  • Tags Agnes ObelPIAS
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La disco de Agnes Obel

Aventine7
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