"> Agora Fidelio - Le Troisième Choix - Indiepoprock

Le Troisième Choix


Un album de sorti en chez .

Qu’on soit un zélateur ou un détracteur de la nouvelle scène parisienne, on ne pourra éviter de constater l’indéniable prise de pouvoir que ce renouveau rock garage acnéique a opérée sur le paysage rock français en ce début d’année. Au point que le rock lyrique, enflammé et engagé, pourtant encore largement présent il y a […]

Qu’on soit un zélateur ou un détracteur de la nouvelle scène parisienne, on ne pourra éviter de constater l’indéniable prise de pouvoir que ce renouveau rock garage acnéique a opérée sur le paysage rock français en ce début d’année. Au point que le rock lyrique, enflammé et engagé, pourtant encore largement présent il y a quelques années, passe maintenant pour un étrange anachronisme. C’est pourtant dans cette veine que s’inscrit pourtant Agora Fidelio, pour un « Troisième Choix » assez décalé.

Parce qu’on aime bien les contrepieds, on adorerait aimer ce troisième album d’Agora Fidelio ; la tâche, avouons-le, s’avère plus ardue qu’on l’espérait, et l’on peine à adhérer à ces refrains XXL, soutenus par une assise rythmique oscillant entre tension post-rock et déferlantes métalliques. Mais qu’est-ce qui cloche exactement ?

Probablement une inaptitude à s’écarter des clichés les plus rebattus du genre. Côté voix, le chant n’est pas toujours à la hauteur de ses ambitions. On retrouve surtout, non sans un certain agacement, ces tics de prononciation qui sont l’un des héritages les moins heureux de Bertrand Cantat : ces « r » raclés, ces « i » prononcés « é »… Quant aux paroles, elles creusent, alternativement, le sillon d’une mise en scène assez exhibitionniste de démons intérieurs (« Mourir, en faire juste une étape », ce genre de choses…), ou celui d’une dénonciation un peu stérile des maux de notre société (« C’est une époque formidable, on parle tout seul, on vit sur des écrans »).

Le dossier de presse évoque Sigur Ros, Mogwaï ou Noir Désir : en point de mire, peut-être, mais le chemin est encore bien long, on pense bien plus souvent à Muse ou Luke. Bien sûr, tout n’est pas raté sur cet album, plusieurs chansons se distinguent par des mélodies assez habiles ou des parties de guitare précises et efficaces (à l’exemple du break rythmique clôturant Finir à Paris, ou des arpèges de De La Non-Nécessité du Courage).

Une copie à revoir donc, il faudra plus d’humilité et moins de complaisance pour proposer une alternative réellement crédible…

Chroniqueur

Tracklist

  1. Une Époque Formidable
  2. Palatina
  3. Ma Violence
  4. Finir À Paris
  5. Laisse-Moi Me Perdre
  6. Mourir
  7. De La Non Nécessité Du Courage
  8. On Sème
  9. L'enfance
  10. Puisqu'on N'est Pas Mort
  11. A Blanc