"> Alpha - Come From Heaven - Indiepoprock

Come From Heaven


Un album de sorti en chez .

7

Le premier album des protégés de Massive Attack n'est pas passé à la postérité ... A tort ?

Alpha a été l’innocente victime de deux malentendus. Première signature du label Melankolic créé par Massive Attack, le groupe a été rapidement classé sous l’étiquette trip-hop, catégorie il est vrai très usitée tout au long des années 90. Surtout, « Come From Heaven », le premier album du groupe, est arrivé en France auréolé d’un buzz invraisemblable entretenu par des Inrockuptibles en enflammade totale. Tout cela a contribué à une incompréhension lorsqu’est arrivé ce disque doux et sobre, signé par un groupe qui n’avait besoin ni d’une hype démesurée, ni d’être comparé à Massive Attack. Il faut enfin reconnaître que le timing a été cruel pour Alpha. Rétrospectivement, il était illusoire d’espérer se frayer une place au sommet en 1997, au cours d’une des périodes de créativité musicale les plus riches de ces dernières décennies. À des fins d’illustration, rappelons les titres de quelques albums parus en 1997 : « OK Computer », « Homogenic », le deuxième album de Portishead, « Odelay » – pour n’en citer que quelques-uns … Oui, comparé à ces monuments, « Come From Heaven » fait pâle figure ; mais n’est-ce pas amplement compréhensible ?

Pour les auditeurs les plus curieux, il a fallu s’approprier peu à peu ce disque de temps gris, ces musiques de dimanche après-midi pluvieux (ce n’est probablement pas un hasard si l’un des morceaux s’appelle Rain). Certaines chansons, celles du début de l’album notamment, s’imposent facilement, l’alternance entre les voix féminine et masculine donne une véritable sensualité à un disque dont les samples inventifs et cultivés prennent volontiers racine dans des musiques de film ou des standards de la country. Cela pourrait effectivement rappeler Portishead, en moins désespéré, moins violent, plus doux – sans la voix de Beth Gibbons, aussi… La suite de l’album n’est pas systématiquement du même tonneau et pour tout dire, la durée proposée ne se justifie pas pleinement : cela fausse la perception que l’on peut avoir d’un disque globalement de très bon niveau. « Come From Heaven » n’est pas un chef-d’oeuvre, c’est simplement un très bon disque, marqué par un style intemporel qui vieillit peu – et plutôt moins que bon nombre d’autres albums de l’époque.

Enfin, et peut-être surtout, il y a Sometime Later, une chanson qui mériterait probablement un article à elle seule si j’étais foutu de l’écrire. Une chanson de pluie, une splendeur cotonneuse, dans lesquelles on pourrait s’oublier pendant une éternité. Sept minutes au-delà du temps, au cours desquelles la voix veloutée de Martin Barnard fait disparaître tous les maux, panse toutes les plaies. Une complainte d’une douceur et d’une délicatesse infinies. Une montée en puissance comme on en vit peu, subtile au début puis rayonnante en fin de parcours et quand Barnard finit par presque crier : »Hold the moon down, leave me the rest », les larmes ne sont pas bien loin. Rien que pour Sometime Later, on pourrait chanter les louanges d’Alpha ; elles sont d’autant plus méritées que la première moitié de très haute volée de « Come From Heaven » confirme le talent d’un groupe resté dans l’antichambre de la gloire …

Chroniqueur
  • Publication 938 vues31 mai 2015
  • Tags AlphaVirgin
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Tracklist

  1. My Things
  2. Rain
  3. Sometime Later
  4. Delaney
  5. Hazeldub
  6. Slim
  7. Come From Heaven
  8. Back
  9. Nyquil
  10. Apple Orange
  11. With
  12. Firefly
  13. Somewhere Not Here

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