"> Amelie - Dina Dinah - Indiepoprock

Dina Dinah


Un album de sorti en chez .

"The Real Nature Of The Fantastic Ice-Cream Car" avait permis de découvrir en Amelie une orfèvre en miniatures pop-folk des plus attachantes. "Dina Dinah" tient les promesses de son prédécesseur et permet à la chanteuse d’asseoir son style, sa personnalité sur un album à la production moins famélique. Avec un rien de cosmétique de bon […]

"The Real Nature Of The Fantastic Ice-Cream Car" avait permis de découvrir en Amelie une orfèvre en miniatures pop-folk des plus attachantes. "Dina Dinah" tient les promesses de son prédécesseur et permet à la chanteuse d’asseoir son style, sa personnalité sur un album à la production moins famélique. Avec un rien de cosmétique de bon goût (des arrangements acoustiques sobres et très réussis), ses chansons prennent du coffre, de l’épaisseur.

On reconnaît toujours des intonations familières dans la voix d’Amelie, et principalement celles de Joanna Newsom (même si la Bordelaise officie dans un registre nettement moins nasillard). Cette façon de triller parfois les notes aiguës ou l’idée de doubler les voix sur Horses, sans parler de l’ajout de quelques harpes dans le paysage, empruntent de façon évidente à l’Américaine. On ne saurait s’en plaindre, il y a bien pire référence, et ces influences sont mises en scène de façon suffisamment élégante pour qu’on évite de s’y appesantir outre mesure.

L’humeur demeure douce-amère, malgré quelques rythmes plus enjoués comme sur le faussement primesautier Someday We’ll Turn To Dust ou le superbe Where Is The Beauty ?. Les meilleures chansons de "Dina Dinah" sont d’ailleurs les plus vénéneuses, ceux sur lesquels Amelie force le moins sa voix (le splendide Underlake ou encore l’ensorcelant Refugees From The Past). Le seul véritable ratage de l’album se produit d’ailleurs sur Torero Of The Speech ou Amelie singe quelque peu No Surprises de Radiohead et se perd dans un refrain trop gueulard pour être honnête.

Evidemment, en étant chafouin, on pourrait signaler que Joanna Newsom a, elle, depuis "Ys", largué les amarres pour s’aventurer dans des contrées toujours plus éloignées, des paysages toujours plus incroyables. Amelie n’en est clairement pas là, son folk, plus sédentaire, reste encore à se balancer sur un rocking chair, les pieds sagement emmitouflés dans de confortable charentaises. Faut-il cependant attendre de chaque disque une révolution ? Il y a bien longtemps que j’ai fait mon deuil d’un tel espoir – et puis après tout, l’auditeur aussi a droit à son petit confort. C’est donc sans aucune arrière pensée que je conseille l’écoute de "Dina Dinah", une brève demi-heure de bonheur miniature, de friandises douce-amères idéales pour accompagner un après-midi indolent et grisâtre.

Chroniqueur
  • Publication 412 vues17 octobre 2009
  • Tags AmelieBoxson
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Tracklist

  1. Sweet Protection
  2. Someday We'll Turn To Dust
  3. Underlake
  4. Big Wolf
  5. Horses
  6. Refugees From The Past
  7. Kids
  8. Torero Of The Speech
  9. Where Is The Beauty?
  10. The Bright Sound Of Crystal Bones