"> Battant - As I Ride With No Horse - Indiepoprock

As I Ride With No Horse


Un album de sorti en chez .

Battant, tel que nous l’entendons sur "As I Ride With No Horse", n’est probablement plus. Même si la chanteuse Chloé Raunet semble, comme elle explique sur le blog du groupe, vouloir courageusement continuer l’aventure avec ses musiciens, le décès du multi-instrumentiste Joel Dever, à quelque jours de la sortie de l’album, rend caduque toute anticipation. […]

Battant, tel que nous l’entendons sur "As I Ride With No Horse", n’est probablement plus. Même si la chanteuse Chloé Raunet semble, comme elle explique sur le blog du groupe, vouloir courageusement continuer l’aventure avec ses musiciens, le décès du multi-instrumentiste Joel Dever, à quelque jours de la sortie de l’album, rend caduque toute anticipation. Il ne facilite pas non plus l’écoute, tant il est facile de se laisser parasiter par des considérations sur le tragique destin du musicien. Il faut donc ici considérer comme achevée ou presque une discographie qui ne l’était certainement pas, analyser un second essai, déjà, comme un chant du cygne, un testament.

Pourtant, "As I Ride With No Horse" n’a rien de définitif ; c’est un disque nerveux, presque cyclothymique, inégal et affaibli par quelques défauts mais indéniablement vivant. Un album honnête, sincère et sans calcul, plein d’idées, certaines bonnes, d’autres moins, qui prouve en tout cas que la créativité du duo au cœur de Battant ne demandait qu’à se développer, qu’à être canalisée. Des regrets, inévitablement – laissons-les de côté et apprécions ce que cet opus nous offre. D’abord, il y a un son, stimulant et physique, un mélange paradoxal mais bien équilibré entre rock rêche et artifices glam, un son qui prolonge celui, paléolithique, du premier album des Kills, en l’enluminant de quelques guirlandes électroniques. La production d’Ivan Smagghe et Tim Paris accentue la sécheresse de la musique en rendant encore plus saillants des rythmes déjà abrupts, en détachant également volontiers des lignes de basse déjà prognathes. S’il est appréciable sur l’ensemble de l’album, le travail sur le son est plus particulièrement sensible sur Farmer’s Ode To Wife, Hubble et Being One – qui ne sont pourtant pas les morceaux les plus réussis, peut-être est-ce d’ailleurs pour cela qu’on y remarque plus facilement la production.

Du point de vue des chansons, la moisson est inégale. L’entrée en matière est parfaite ; on relève notamment l’excellent Shutter, composition à la fois simple et décalée. Doll and Chain revisite avec intelligence la ligne de basse du Gigantic des Pixies, en lui ôtant quelques pattes au passage, pour accompagner une complainte déglinguée et déchirante. A mi-chemin, Scarlet, fulgurance acoustique où un piano obstiné offre un écrin désespéré à un chant au bord du gouffre, s’impose comme le morceau le plus atypique et le plus réussi de l’abum. Après ce sommet, hélas, Battant s’enferre dans un faux rythme pour une fin de parcours un peu morne.

Malgré cette seconde moitié moins aboutie, on peut dire que Battant a réussi son second album. On aurait aimé voir ce groupe singulier se débarrasser de certains artifices, recourir moins systématiquement à l’artifice électronique pour étoffer le son. On aurait aimé voir Battant progresser encore ; pour l’heure on ne peut qu’espérer que la volonté de Chloé Raunet l’aidera à donner une réponse à ces attentes.

Chroniqueur

Tracklist

  1. As I Ride with No Horse
  2. Shutter
  3. Doll and Chain
  4. Modern Days
  5. Clearcut
  6. Scarlet
  7. Farmer's Ode to Wife
  8. Hubble
  9. Being One
  10. Pester
  11. Fossil Fuel

La disco de Battant