Oh la belle ambulance que voici. Parisiens bon teint, les trois BB Brunes affichent à peine 18 ans au compteur, pratiquent un rock très direct, simple et brut : une description qu’on a le sentiment de lire tous les jours ou presque ces temps-ci. Eh oui, en 2007 les albums de la nouvelle scène parisienne […]
Oh la belle ambulance que voici. Parisiens bon teint, les trois BB Brunes affichent à peine 18 ans au compteur, pratiquent un rock très direct, simple et brut : une description qu’on a le sentiment de lire tous les jours ou presque ces temps-ci. Eh oui, en 2007 les albums de la nouvelle scène parisienne éclosent presque aussi vite que les boutons d’acné sur les visages à peine pubères de leurs créateurs… On retrouve, de façon systématique, un son plutôt séduisant, pas assez léché pour sonner « variété » et un rien trop propre pour vraiment sonner « garage », une voix en fin de mue et de chouettes guitares vintage.
Et le problème est toujours un peu le même : c’est certain, à leur âge on ne faisait pas mieux, on n’en faisait pas de disque non plus. On se dit parfois aussi que finalement, avec des ingrédients similaires, des paroles d’une « pertinence » comparable, Téléphone avait réussi à faire de ses chansons des classiques, alors peut-être que l’histoire du rock français est en marche et qu’on regarde juste les wagons passer sans bien comprendre.
Quelque part, il faut bien l’avouer, on se sent forcément inapte à donner un avis sur ce type de disque : portons-le aux nues, on passera pour le has-been de service tentant de se racheter une conduite, descendons-le en flammes et on se verra taxer de vieux con rétrograde. Toujours est-il que malgré (ou grâce à) leurs textes entre morgue de mauvais garçon au rabais et accès de frustration aussi chargée d’hormones et honteuse qu’une pollution nocturne (« Cette fille ne m’aime que elle quand boit de trop », haut la main la meilleure ligne de l’album), les BB Brunes parviennent parfois à faire mouche, le temps, par exemple, d’un J’écoute les Cramps assez bien envoyé ou d’un Perdus Cette Nuit naïf et touchant. L’album, certes, est trop inégal pour tenir l’écoute ; toute la seconde moitié se passe à réprimer une furieuse envie de passer en « avance rapide ». Mais pour quelques chansonnettes bien troussées, on accordera le bénéfice du doute à ces petits rebelles bien nés…
Tracklist
- J'écoute les cramps
- Le gang
- Blonde comme moi
- Perdus cette nuit
- Houna (Toutes mes copines)
- Dis-moi
- Mr Hyde
- Sixty Eight
- Brune BB
- Pas comme ça
- BB baise
- Wolfman
- Dis-moi - Acoustique
- Mr Hyde - Acoustique
- J'écoute les cramps - Live
- BB baise - Live
- Mr Hyde - Live, La Cigale Avril 2008





