"> Budapest - Alcaline - Indiepoprock

Alcaline


Un album de sorti en chez .

7

Groupe toulousain qui s'est donné pour nom Budapest et chante en anglais, voilà pour l'invitation au voyage.

Après « Grenade », un EP paru en 2011, c’est par le biais du financement participatif que le groupe a pu se donner les moyens d’enregistrer « Alcaline », son premier album, paru discrètement en fin d’année dernière et qui se voit aujourd’hui offrir une sortie nationale dans la foulée de prestations live remarquées. S’il ne faut pas voir dans le patronyme du groupe, ses origines et le choix de l’anglais pour l’expression une volonté manifeste de brouiller les pistes, cette identité mouvante colle assez bien à sa musique. The Roaming Souls, le premier titre, s’ouvre en effet sur une ligne de guitare et une rythmique bien installée qui, pourtant, s’aère en milieu de morceau sous l’impulsion des voix pour céder la place à une mélodie beaucoup plus solaire. Cette souplesse, ces glissades permanentes entre différents motifs harmoniques et mélodiques, se retrouvent sur un titre comme Blind, qui s’ouvre sur quelques beats pour ensuite laisser entrer une guitare et bifurquer vers la pop. L’exercice a toutefois ses limites et on a parfois l’impression que la troupe, faute d’une idée très précise d’où elle veut emmener ses morceaux, tombe dans l’écueil du remplissage en se lançant dans des ponts vocaux faiblards au niveau mélodique.

Fort heureusement, Budapest corrige le tir avec brio : plutôt que vouloir tout faire rentrer dans un même morceau, le groupe semble assimiler la notion d’album et prendre conscience qu’avec neuf titres, il a autant d’occasions de faire étalage de sa sensibilité. Connected est ainsi un bel exercice de trip-hop urbain parfaitement porté par la voix féminine et un amalgame impeccable entre boucles et batterie. Avant cela, le petit accord de guitare, les quelques notes de piano et le chant à deux voix, masculine et féminine, donnent à Distance, ballade intense et superbement écrite, tout l’éclat qu’elle mérite. Enfin, l’album se clôt sur White Flag, morceau en clair obscur, bousculé par quelques coups de boutoir rythmiques qui le font osciller entre solennité et violence sourde jamais complètement exsudée. On y trouvera là matière à se convaincre qu’il est important de revenir à la musique de Budapest et de garder un oeil sur eux pour l’avenir car, si sur « Alcaline », le groupe ne réussit pas tout, il démontre un potentiel de pistes à explorer ou à approfondir assez vertigineux. Accessoirement, il y a déjà largement de quoi satisfaire ses envies de son neuf sur cet album.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. The Roaming Souls
  2. Fall by the Wayside
  3. Blind
  4. Red
  5. Distance
  6. Alive
  7. Connected
  8. Invincible
  9. White Flag

La disco de Budapest

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70%

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