"> David Lynch / Marek Zebrowski - Polish Night Music - Indiepoprock

Polish Night Music


Un album de sorti en chez .

7

Le maître du glauque est à l'oeuvre...

David et Marek ont commencé leur collaboration artistique avec la confection de l’ambiance sonore de Inland Empire, dernier effort cinématographique de l’américain. Avec ce film et son approche extrême de l’esthétisme et de l’expérimental, Sir Lynch aura déjà laissé quelques adeptes sur le bord du chemin où il continue de tracer sa route. À côté de cela, une poignée d’albums de très bonne facture qu’on pourrait situer dans une nébuleuse blues expérimental auront agrémenté son parcours artistique (on pense notamment à « The Big Dream » et à « Blue Bob »). Les « Polish Night Music » ont été éditées une première fois en 2008, deux ans après la sortie d’Inland Empire, dans un certain anonymat. En 2015 donc, les deux amis se décident à donner une seconde vie à leur travail.

L’EP s’articule autour de quatre pièces où le temps n’est clairement pas un obstacle à l’installation de l’ambiance, le quart d’heure est minimal. Car oui, il s’agit d’une musique d’ambiance jouée à quatre mains. Entièrement instrumentale, l’oeuvre est rythmée par le piano minimaliste de Zebrowski autour duquel gravite la production (synthé) de Lynch. À l’image de ce qu’on connaît de ce dernier, notamment son univers visuel, l’atmosphère tend au dérangeant et à l’inquiétant. À ce titre un fidèle du travail de l’américain n’aura aucun mal à se projeter dans cette incartade sonore tant il fait écho à la nature même de l’ensemble son oeuvre.

Plus froid et aérien que les dernières tendances organiques, cellulaires voir repoussantes de l’auteur de Lost Highway, les « mélodies » s’emploient à nous immerger dans un monde épuré. Mais un monde où les seuls appuis sont en équilibre précaire, tout relâchement furtif de l’attention semblant impliquer la perte absolue, l’abandon définitif. Psychologiquement éprouvant, pour peu que l’on parvienne à plonger tout entier dans l’oeuvre -ce qui n’est pas forcément des plus naturels, les « Polish Night Music » fonctionnent, du moins, semblent parvenir à leurs fins.

On pourrait évoquer cet EP par l’idée suivante, la bande-son d’un film cérébralement complexe, sans le film. Tout est dit, il ne s’agit pas de l’objet musical le plus abordable que l’on ait rencontré, mais tant dans la démarche initiale que dans la réalisation, la liberté totale et l’ambition artistique méritent que l’on s’y attarde.

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La disco de David Lynch / Marek Zebrowski