"> Douglas Dare - Whelm - Indiepoprock

Whelm


Un album de sorti en chez .

7

Talentueux, élégant et narrateur hors pair, le jeune Douglas Dare s'affirme avec ce premier effort long format comme le nouveau mélomane du songwriting anglais...

Quelle autre destinée que celle de l’esthétisme poétique aurait pu motiver l’existence de Douglas Dare? Fils d’un professeur de piano, le boy londonien de 23 ans s’est logiquement tourné vers la musique dès son plus jeune âge, héritant d’un capital instrumental avéré pour mettre en valeur ses qualités premières, à savoir, des prédispositions narratives que beaucoup qualifient aujourd’hui d’irréfutables. Au demeurant, on peut d’ores et déjà se féliciter de ce choix tant ce premier album, enregistré en quelques jours à peine, transparaît comme une entrée en matière aussi évidente que soignée.

L’an dernier déjà, les introspections de l’anglais s’étaient soldés par un premier EP (« Seven Hours ») où l’on découvrait, pour la première fois, une voix intense et sûre de son fait, déposée entre un entremêlement de son instrument fétiche et de boîtes à rythmes discrètement mises à contribution. Sur ces quatre titres, Douglas Dare démontrait alors l’étendue de son talent et de son style résolument hétéroclite, d’une alliance entre un songwriting nourri par les poids de l’humanité et une bande sonore résolument contemporaine.

Ainsi, le jeune auteur excelle dans l’art de relater des archives de l’Histoire parfois accablantes, telles les stations de métro londonien servant de refuges anti-bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale sur London’s Rose, ou encore sur le titre Whitewash, où Dare évoque les blanchisseuses des couvents catholiques irlandais, dépossédées de leurs noms et traitées en esclaves durant près de soixante-dix ans. Des textes puissants et lourds de sens, couplés avec raffinement au son d’un piano volontairement délabré, décuplant l’intemporalité de ses propos et accouchant en conséquence de morceaux emplis d’une émotion palpable (Nile, Caroline, Repeat, l’instrumental éponyme Whelm…). , 

Comme pour rappeler qu’il est un singer/songwriter moderne, Douglas Dare ne saurait se contenter de simples mélodies organiques dans le but d’étayer ses oraisons. Au contraire, et de manière assez naturelle, ce dernier distille élégamment des soubresauts électroniques et autres percussions épurées à la mélancolie de son piano. Sans réel contresens, les morceaux où existe ce rapport entre le passé et son devoir de mémoire, le présent et les craintes de l’avenir, sont certainement les plus probants. On pense notamment au luxueux Clockwork en guise d’ouverture, mais aussi à l’excellent Swim, morceau à l’intensité aussi généreuse que désemparée, sombre et réconfortante, impénétrable et lumineuse à la fois…

S’il n’en est qu’à ses débuts, nul doute qu’il faudra rester attentif à l’évolution de ce jeune artiste, véritable poète des temps modernes, compositeur et narrateur à la sublime éloquence comme l’Angleterre sait en produire depuis des décennies. Les acquéreurs de « Whelm » pourront d’ailleurs en attester, la version physique de l’album étant proposée avec un recueil de poèmes intitulé « Nine Poems ». De quoi tomber (rapidement) sous le charme…

 

Community Manager

Tracklist

  1. Clockwork
  2. Nile
  3. Repeat
  4. Caroline
  5. Whelm
  6. Unrest
  7. Lungful
  8. Whitewash
  9. Swim
  10. London's Rose

La disco de Douglas Dare

Whelm7
70%

Whelm

Seven Hours EP
0%