"> Emily Jane White - Immanent Fire - Indiepoprock

Immanent Fire


Un album de sorti en chez .

8

Nouvel album pour Emily Jane White, artiste à la constance exemplaire mais pas immobile.

Trois ans après son dernier album et deux après un magnifique split EP en compagnie de de Rey Villalobos alias House Of Wolves, Emily Jane White revient avec son folk à la fois délicat et sophistiqué, en équilibre parfait entre l’Amérique qui abreuve son inspiration et l’Europe toujours plus réceptive à son aspiration à aller au-delà d’une approche purement « terrienne ». Parler de folk est d’ailleurs quelque peu réductif car Emily Jane White s’est naturellement émancipée de l’approche acoustique et boisée de ses débuts, notamment sur « They Moved In Shadow All Together » en 2016. Elle n’en reste pas moins constante dans son songwriting délicat, toujours à la recherche de mélodies soignées, empreintes d’émotion et de limpidité.

« Immanent Fire » s’affirme dès ses premières mesures comme un album parfaitement titré. Surrender installe un climat en clair obscur, pas si éloigné des derniers travaux de Chelsea Wolfe, porté par la voix pure et assurée de son auteure, avec un accord de guitare en base de fond et qui laisse se développer autour de lui quelques percussions, un petit accord plus électrique, avant le basculement sur Drowned et ses cordes opulentes. On est bien chez Emily Jane White, mais la sensation de retrouver ses marques s’accompagne d’un mouvement permanent, chaque morceau imprimant un climat sonore différent tout en s’inscrivant dans la continuité du précédent. C’est dans cette capacité à affirmer un style et une personnalité sans céder aux redondances ni chercher le chaos permanent que la réussite de l’album est immédiatement évidente. Le rythme général reste le même, l’équilibre entre une certaine mélancolie et la permanence d’un fil lumineux est tenu, l’exigence de ne pas se répéter tout en maintenant une unité respecté.

Tout ce qui est décrit plus haut tend à faire comprendre qu »Immanent Fire » est un album sans baisses de régimes, sans morceaux que l’on ressort plus qu’un autre et c’est globalement le cas. Le climat presque froid et métallique de Metamorphosis, contrebalancé par la voix chaude et intense d’Emily Jane White retient toutefois l’attention par le sentiment de faire se rencontrer le feu et la glace, le piano et les cordes d’Entity saisissent par leur à propos. Sans tapage, Emily Jane White apporte une pièce supplémentaire à une oeuvre déjà conséquente, sans la moindre fausse note. C’est pour des artistes de sa trempe qu’on continue coûte que coûte à écouter et chroniquer des disques.

Rédacteur en chef