"> Fenster - The Pink Caves - Indiepoprock

The Pink Caves


Un album de sorti en chez .

8

Pour son deuxième album, Fenster développe ses expérimentations et offre un modèle de bricolage folk-pop onirique et ambitieux...

Un vieil et célèbre adage voudrait que ce soit dans les vieux pots que l’on fasse la meilleure soupe. En ce qui concerne Fenster, quatuor cosmopolite composé de Jonathan Jarzyna, J.J. Weihl, Rémi Letournelle et Lucas Chantre, la dite expression pourrait adopter un sens intimement plus contemporain. Loin des productions bétonnées et des studios regorgeant de consoles invraisemblables, le groupe habituellement basé à Berlin s’est retiré dans un chalet est-allemand le temps de composer et d’enregistrer sa deuxième livraison dénommée “The Pink Caves”. Là-bas, Jarzyna et sa troupe se sont insufflés d’un cadre sauvage et boisé, usant d’éléments naturels et mobiliers (bruits d’animaux, claquements de portes, tic-tacs d’horloge…) pour concocter un album “DIY” d’une remarquable élégance.

Il y deux ans, le premier effort du groupe (“Bones”) s’était appuyé sur un folk-pop conventionnel mais déjà parcimonieusement saupoudré de captures sonores, non sans une certaine réussite. Cette fois, le groupe a souhaité développer le trait expérimental de sa musique, modelant ses silhouettes dans l’espoir de lui offrir une allure spectrale au cœur d’un décor baroque et luxuriant. Le résultat n’en est que spontané, humble et farouchement ingénieux, alimenté par des compositions éthérées qui, reliées entre elles, ne fragilisent à aucun moment l’équilibre de l’ensemble. Derrière cette recherche de la différence, du goût de la superposition, de la moindre distillation sonore capable d’agrémenter la génétique d’un morceau, Fenster délivre une douzaine de titres dans une ambiance enchanteresque et imaginaire, soigneusement introduite par la grandiloquence puis le minimalisme du pastoral Better Days jusqu’à la sombre douceur du morceau final Creatures.

Entre les deux, le quatuor mène son récital dans un mysticisme pour le moins frénétique, marqué par de sirupeuses émanations dream-pop (Sunday Owls, True Love, Cat Emperor), se permettant même d’octroyer, au passage, des allures de conte fantastique à d’autres pièces préalablement sculptées pour le classieux (MirrorsIn The Walls). Plus que l’efficience des chœurs qui agrémentent ici la plupart des titres, c’est dans l’alternance vocale que “The Pink Caves” atteint son sommet harmonique, entre la voix légère et planante de J.J. Weihl (True Love, On Repeat…) et celle un tantinet plus étrange et caverneuse de Jonathan Jarzyna (The Light, Fireflies, 1982…). Pour s’en convaincre définitivement, il suffit de se laisser porter par Hit & Run, un très bel élan rétro-pop où le duo se renvoie admirablement la balle, érigé par son exquise ambivalence comme le morceau le plus délectable mais aussi le plus aventureux des velléités fantomatiques parcourant l’édifice. La cerise sur le gâteau, en quelque sorte…

Nul besoin donc de vanter un peu plus la franche réussite de ce deuxième recueil. Fenster réussit avec brio son tour de passe-passe, sublime bric à brac truffé d’un pragmatisme et d’une somme de talents indéniables. Un disque à ne surtout pas laisser croupir au fond d’une cave sombre et lugubre, mais à écumer plutôt au sein d’un espace cotonneux propice à l’enchantement….

 

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  • Publication 541 vues18 mars 2014
  • Tags FensterMorr Music
  • Titres recommandés Better Days In the Walls Cat Emperor Mirrors
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Tracklist

  1. Better Days
  2. Sunday Owls
  3. In the Walls
  4. Cat Emperor
  5. True Love
  6. The Light
  7. Mirrors
  8. Fireflies
  9. On Repeat
  10. Hit & Run
  11. 1982
  12. Creatures

La disco de Fenster

The Room7
70%
Bones
0%

Bones