"> Francis Harris - Minutes Of Sleep - Indiepoprock

Minutes Of Sleep


Un album de sorti en chez .

9

Ce deuxième album de Francis Harris ne marque pas une rupture, certes, mais il pousse au plus loin l'évolution entamée sur son précédent effort en convoquant la tristesse et son cortège d'émotions, le tout dans une infinie exigence.

Décidément, Francis Harris ne semble pas pouvoir s’affranchir du bien triste destin qui l’accable. C’est ainsi que peu de temps après le décès de son père, qui lui a d’ailleurs inspiré le sublime « Leland » en 2012, sa mère subit malheureusement le même sort. Dans un tel contexte, le jeune new-yorkais a entrepris de donner naissance à son second opus qui répond au nom évocateur de « Minutes Of Sleep ».

De mort, il en sera donc question tout au long de l’album. Les deux morceaux d’ouverture Hems et Dangerdream donnent le ton et surprennent par leur rythmique quasi inexistante. Des drones bouillonnants côtoient le violoncelle d’Emile Abramyan et la trompette avec sourdine de Greg Paulus (No Regular Play) qui profite de cette ambiance pour le moins pesante afin de révéler un jeu fluide et emprunt d’une réelle liberté. L’impression laissée ici n’est donc pas sans rappeler celle d’un jazz résolument atmosphérique qui s’élabore dans la retenue.

La retenue, Francis Harris en a justement fait le maître mot de sa musique depuis ses débuts, et c’est ce qui lui permet de livrer des compositions uniques de deep-house tel un véritable esthète. À partir de Radiofreeze, l’album change de direction se faisant plus rythmique et nous invitant alors avec finesse à assister au déroulement de productions house toujours plus fouillées. Dès lors, You Can Always Leave verse dans l’esthétique club chère à Francis Harris quand il officiait encore sous le nom d’Adultnapper. Ce dernier atteint finalement son paroxysme quand la voix cristalline de la chanteuse Gry (déjà présente sur « Leland ») fait son entrée, conférant au titre une grande sensibilité.

L’album se clôt comme il a débuté, par un Dangerdream remixé par Terre Thaemlitz, mieux connu sous le pseudonyme DJ Sprinkles. Fini les divagations house ici, ce remix laisse place à une expérimentation maîtrisée de bout en bout qui renoue avec une immense tristesse, celle d’un homme qui a terriblement souffert, mais qui a su néanmoins sublimer ses peines. Le principal souci d’une telle œuvre c’est qu’elle risque d’anéantir toutes les sorties concurrentes dans ce domaine tant sa qualité et sa grandeur sont irréprochables.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Hems
  2. Dangerdream
  3. Radiofreeze
  4. Lean Back
  5. You Can Always Leave
  6. Me To Drift
  7. What She Had
  8. Blues News
  9. New Rain
  10. Minutes Of Sleep
  11. Dangerdream - How Che Guevara's Death and Bob Dylan's Life Milit

La disco de Francis Harris

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90%

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