"> Gnarls Barkley - St. Elsewhere - Indiepoprock

St. Elsewhere


Un album de sorti en chez .

Personnage hybride, Gnarls Barkley est le gardien d’un monde fantasmagorique, à l’image de la pochette de « St. Elsewhere » où une ville apocalyptique, échappée d’un comics, surplombe un nuage atomique. Derrière ce nom fantoche, se cache le duo formé par Danger Mouse et Cee-Lo Green. Le premier a gagné ses galons en mixant avec […]

Personnage hybride, Gnarls Barkley est le gardien d’un monde fantasmagorique, à l’image de la pochette de « St. Elsewhere » où une ville apocalyptique, échappée d’un comics, surplombe un nuage atomique. Derrière ce nom fantoche, se cache le duo formé par Danger Mouse et Cee-Lo Green. Le premier a gagné ses galons en mixant avec culot et brio le « White album » des Beatles avec le « Black album » de Jay Zee, avant de rejoindre Damon Albarn pour produire le dernier album de Gorillaz, « Demon Days », en 2005. Le second a révolutionné la scène hip-hop d’Atlanta en amenant le piment du style dirty south. Tous les deux sont entrés dans l’histoire dès la sortie de leur premier single, Crazy, mélange irrésistible de pop, de hip-hop old-school et de gospel, arrivé en tête des charts anglais uniquement via le téléchargement payant. Certains y verront un bon coup marketing. Nos deux lascars répliquent que leur projet musical date de bien avant la hype Gorillaz, et qu?ils ont mis trois ans à peaufiner les morceaux de « St. Elsewhere ».

Ce premier album n’est pas forcément novateur, mais il bénéficie de compositions efficaces, d’un sérieux sens du groove et d’une touche complètement personnelle, mélange d’humour et de gravité, d’absurde et de sensibilité, de rage et de désinvolture. Dans cette course effrénée, tout va à cent à l’heure. Les morceaux, assez courts, sont mixés et s?enchaînent vitesse grand V. Le temps de quelques secondes, « St Elsewhere » débute comme un album latino-funk, avec un hypothétique accordéon de cumbia, une basse et un piano de boogaloo chaloupé. Puis les rythmes s?emballent et la transe nous prend. En dépit de son nom, Go-go gadget gospel joue bien moins sur l’aspect ludique et bricolé de l’électronique ; la musicalité est au premier plan.

Boulimiques, Danger Mouse et Cee-lo s?attaquent à tous les genres, revisitant même le Gone Daddy gone des Violent Femmes sur un rythme électro-pop saccadé qui a tout pour enflammer les dance-floors. Plus loin, le monstre Gnarls Barkley entame un boogie psychédélique (The Boogie Monster), dont les réminiscences blues-rock ne sont pas sans évoquer le In a gadda da vida de Iron Butterfly. De la soul au hip-hop, Cee-lo oscille avec aisance entre le flot d’un rappeur désinvolte, la voix profonde d’un crooner soul décadent ou les accents plus mélancoliques d’une diva gospel. « I?m a transformer? Everyday I wake up to be new », déclare-t-il sur Transformer. Un titre qui a valeur de manifeste pour ce premier album halluciné.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Go-Go Gadget Gospel
  2. Crazy
  3. St. Elsewhere
  4. Gone Daddy Gone / I Just Want to Make Love to You
  5. Smiley Faces
  6. The Boogie Monster
  7. Feng Shui
  8. Just a Thought
  9. Transformer
  10. Who Cares?
  11. Online
  12. Necromancer
  13. Storm Coming
  14. The Last Time
  15. Transformer - Instrumental
  16. The Boogie Monster - Instrumental

La disco de Gnarls Barkley