"> Hoboken Division - Arts And Crafts - Indiepoprock

Arts And Crafts


Un album de sorti en chez .

7

Anti mode, désarçonnant, et pour autant direct comme le pur produit garage DIY qu'il est, en un mot, révélation.

Tout d’abord commençons par un coup de chapeau à Jean-Luc Navette et Nicolas Moog, responsables de l’artwork magnifique de cet album, entre gothique et racines américaines : une superbe réussite à elle seule.

Hoboken Division est quant à lui un duo mixte de Nancy composé de Marie Rieffly au chant et Mathieu Cazanave à la guitare slide. Partant d’une base delta blues teintée de garage, le groupe commence déjà à faire évoquer chez certains le début des White Stripes, à tort à notre humble avis. Là où la bande à Jack s’échinait sur un son vintage et des rythmiques bien plus proches de la nervosité punk, Hoboken D. installe son son lourd. Le rythme est ouvertement au ralenti, lancinant, en soit plus proche du delta blues originel. Or, et c’est bien là le joli tour de passe passe de l’album, « Arts And Crafts » est bien le disque que jamais n’auraient fait les White Stripes, aux antipodes du vintage…

Imperceptibles aux premières écoutes, une âme et une approche du son spécifique se dégage de cet opus, premier de la jeune carrière du groupe. Les grésillements symptomatiques du garage rock accompagnent la voix rauque de Madame et les délires cordés de Monsieur, et passé un premier titre, Shoot That Chicken, bien ancré dans le Mississipi, dès l’addictif The Mighty Mistress, on est surpris par les accompagnements et les ruptures empruntés à bien d’autres influences. Oui, bien que le blues traverse en filigrane ces 10 titres, Hoboken Division a beaucoup plus à offrir, comme cette intro de Run! qui donne un aperçu d’une des facettes du groupe, le groove, qu’on voit bien s’exprimer sur une scène. Mais comme pour les titres plus intimistes ou expérimentaux, rien n’est cliché, aucun moment ne peut réellement être catégorisé. De fait, on sent une grosse force de caractère dans chaque composition qui pousse le groupe à se mettre en danger perpétuel, à nous invoquer RL Brunside ou Thee Headcoatees sur la même mesure. Autant hanté par Robert Johnson que par le rock indépendant délicieusement pop des séries américaines regardables, ou encore par les tendances dance floor des Ting Tings, comme par la basse des Limiñanas (Desertion), la plume des deux acolytes est dense et réserve de délicates surprises à qui veut bien y prêter l’oreille…

Si l’on devait rapprocher ce duo d’un autre, on penserait bien plus franchement aux Kills pour le parallèle entre la prestance d’Alisson Mosshart et celle de Marie, ainsi que pour le son gras et lourd qu’on retrouve dans « Keep On Your Mean Side« .

Bien des noms sont cités dans ces lignes, mais Hoboken Division ne découle pas directement d’une influence toute puissante et nous embarque dans un monde qui lui est propre, avec un son sale qui ravira les adeptes de garage et de do it yourself.

S’il ne devait en rester qu’un titre : The Mighty Mistress.

 

 

Webmaster

La disco de Hoboken Division