"> Howard Hughes - O Make me a Mask - Indiepoprock

O Make me a Mask


Un album de sorti en chez .

La pochette de ce disque laisse penser que nous avons affaire à quelque adolescent farceur, ayant volé le rouge à lèvres de sa mère pour se déguiser en un incongru gladiateur queer de pacotille. Rien ne pourrait être plus éloigné de cette image, que cette triste collection de chansons country mollement interprétées par une voix […]

La pochette de ce disque laisse penser que nous avons affaire à quelque adolescent farceur, ayant volé le rouge à lèvres de sa mère pour se déguiser en un incongru gladiateur queer de pacotille. Rien ne pourrait être plus éloigné de cette image, que cette triste collection de chansons country mollement interprétées par une voix maussade et monocorde.

Howard Hughes, chanteur de Coming Soon, nous livre donc un album solo. Sa bio annonce : « les mélodies empruntent tour à tour les couleurs du folk, du funk ou du rock le plus noir pour servir une écriture épileptique ». Contrairement à ce que cette phrase suggère, il ne s’agit pas d’un disque-patchwork : de funk et de rock, il n’en est pas vraiment question ici, et on se demande si le mot « épileptique » n’a pas été confondu avec « neurasthénique ». Anything but a rhyme bouge un peu, mais pas de quoi réveiller James Brown. Sur Hairband, ce seraient plutôt les Doors qui seraient imités, et Lou Reed sur Poisonville,USA. Pourtant, l’ensemble reste dans une tonalité assez uniforme, monotone et lancinante.

Dans un sens, l’irritante radio détraquée qui ouvre le disque annonce bien la couleur. Un peu plus tard, I hate you Porgy, longue plainte lugubre, ne donne qu’une envie : celle d’aller chercher un fusil pour achever ce cowboy sous lexomil. L’effet exténué (et exaspérant) est peut-être intentionnel, la chanson n’en est pas moins insupportable.

Comme ce Howard Hughes joue la carte très tendance de l’antifolk, les sirènes de la hype vont certainement crier au génie ; il n’empêche qu’à force de jouer la carte du revival, on finit par ne plus savoir où on en est : A quand le grand retour de Dolly Parton dans les Inrockuptibles ? Sur certains morceaux, on croirait entendre le juke-box de quelque bar miteux perdu au fin fond des Etats-Unis. Si telle était l’intention, alors c’est réussi, mais on pourra quand même se demander quelle est la pertinence de cette démarche ; et si la modernité, l’innovation et l’audace ne devraient pas figurer au cahier des charges du « rock indépendant » (au sens large du terme).

Chroniqueur

Tracklist

  1. Ni Yanquis Ni Patrones (Los Vamos a Reventar)
  2. Ginger & Fred Stunts
  3. Beware I'm Just a Singer
  4. Jimmy Dean
  5. Anything but a Rhyme
  6. Crashing Cars
  7. Hairband
  8. I Hate You, Porgy
  9. Unproductivity Blues
  10. Standing in the 1 / 2 Empty Hall Blues
  11. I'm Empty Inside (But I'm Allright)
  12. I'll Think of You
  13. Poisonville, USA

La disco de Howard Hughes