"> Hundred Waters - The Moon Rang Like A Bell - Indiepoprock

The Moon Rang Like A Bell


Un album de sorti en chez .

9

Passé relativement inaperçu avec son premier album, du moins dans nos contrées, le groupe floridien semble tenir sa revanche avec ce nouvel opus. Mérité ou pas ?

Avec son mélange de textures organiques et traditionnelles, le chant délicat et élégiaque de Nicole Miglis, sa chanteuse, ses influences pop, psyché voire même soft jazz, Hundred Waters s’est taillé une réputation de groupe inclassable, aux multiples possibilités. Mais, au-delà de cette dénomination qui, aujourd’hui, ne signifie plus grand-chose, ce qui est frappant, c’est que Hundred Waters a réellement commencé à attirer l’attention grâce à ses performances scéniques. Or, le talon d’Achille de groupes s’appuyant sur des sonorités complexes et sophistiquées, c’est souvent la difficulté à reproduire sur scène les climats créés en studio, même si ce n’est pas une règle.

C’est d’autant plus important qu’à l’écoute de « The Moon Rang Like A Bell », il se dégage l’impression que l’aisance du groupe en concert rejaillit sur ses compositions. Car, en dépit d’un canevas sonore très riche où se mêlent boucles de piano, synthés et percussions en tout genre, on sent une volonté de garder un souffle, de ne surtout pas brider les mélodies. Certes, dire que l’on adhère immédiatement à toutes les audaces formelles de cet album serait exagéré, car il faut se laisser un peu de temps et plusieurs écoutes pour intégrer toutes les subtilités de morceaux comme Cavity ou Out Alee, dont on commence surtout par percevoir de petits gimmicks sonores répétitifs agaçants, avant que l’oreille s’habitue petit à petit et permette de découvrir un spectre beaucoup plus large et de plus en plus envoûtant. Il faut également se faire à ses compositions très libres. Murmurs, qui succède à une brève intro, est en ce sens assez trompeur, d’autant plus que le groupe en a fait le premier extrait de son album. Rien d’étonnant puisqu’il s’agit d’un titre aérien, raffiné et éminemment séducteur. Mais c’est aussi un titre beaucoup plus « facile » que des pièces comme Out Alee ou [Animal], qui bifurquent plusieurs fois et peuvent déstabiliser.

Mais, une fois qu’on a saisi le fonctionnement, on ne peut qu’être impressionnés par la capacité de Hundred Waters à convoquer une myriade d’éléments sans jouer la surenchère ni provoquer la saturation, à tresser des morceaux qui se jouent des formats classiques sans perdre le fil, puis de revenir, sur Xtalk, à une electro pop d’une limpidité et d’une efficacité redoutables. Mais « The Moon Rang Like A Bell » est aussi un grand album parce qu’il recèle une véritable poésie. Innocent, et plus encore Broken Blue et Chambers (Passing Train), sont ainsi trois pièces oniriques, intimistes et introspectives, superbement portées par des arrangements intrigants et la voix de Nicole Miglis, qui portent haut l’émotion, laissent voyager l’esprit, font naître des images devant nos yeux. Il ne fait aucun doute que « The Moon Rang Like A Bell » nous accompagnera longtemps, et on ne peut que souhaiter un grand destin à Hundred Waters.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Show Me Love
  2. Murmurs
  3. Cavity
  4. Out Alee
  5. Innocent
  6. Broken Blue
  7. Chambers (Passing Train)
  8. Down From The Rafters
  9. [Animal]
  10. Seven White Horses
  11. Xtalk
  12. No Sound

La disco de Hundred Waters

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