"> Jeff Chang - Can't Stop Won't Stop - Indiepoprock

Can’t Stop Won’t Stop


Un album de sorti en chez .

De la Jamaïque aux Etats-Unis, des "block parties" à la guerre des gangs, "Can’t Stop Won’t Stop" dresse la fresque courte et étourdissante du hip-hop. Commençons par un petit avertissement en exergue : si les livres publiés par Allia sur la musique parviennent en général à concilier érudition et accessibilité, "Can’t Stop Won’t Stop" s’apparente […]

De la Jamaïque aux Etats-Unis, des "block parties" à la guerre des gangs, "Can’t Stop Won’t Stop" dresse la fresque courte et étourdissante du hip-hop. Commençons par un petit avertissement en exergue : si les livres publiés par Allia sur la musique parviennent en général à concilier érudition et accessibilité, "Can’t Stop Won’t Stop" s’apparente à un véritable traité d’histoire, touffu et d’un abord assez ardu…

Documenté à l’extrême, le pavé de Jeff Chang replace l’éclosion et les ramifications du mouvement hip-hop dans un contexte social américain marqué par les tensions raciales. Bien au-delà des questions musicales, Chang appuie son discours sur des données économiques, démographiques, géographiques… Le rap et le graffiti sont des choses sérieuses !

Outre sa portée analytique, l’ouvrage comporte son lot d’histoires spectaculaires. Les rivalités entre gangs, narrées dans le détail, apparaissent à la fois dérisoires et tragiques. L’épopée politico-musicale de Public Enemy fait également sensation : en France, si le rap de Public Enemy a été unanimement applaudi, le contexte contestataire dans lequel il s’inscrit a été moins bien compris.

Si l’on devait formuler un reproche à "Can’t Stop Won’t Stop", c’est justement que le côté historique et social l’emporte sur la musique, qui passe souvent au second plan. Si les premiers grands noms du rap (globalement ceux des années 70 et 80) sont abordés avec précision, les artistes des années 90 sont à peine effleurés. Il est vrai que le hip-hop ne peut se réduire à une approche strictement musicale, le projet de Chang dépasse donc naturellement le cadre du rap. On aurait tout de même, par exemple, apprécié une vision plus approfondie du DJing et de ses évolutions. On regrette également que Chang passe également parfois un rien complaisamment sur certains des excès les plus douteux (la proximité de Public Enemy avec la Nation of Islam de Farrakhan, par exemple, ou encore les outrances mysogines du gangsta-rap).

D’une rigueur irréprochable, "Can’t Stop Won’t Stop" est une référence difficilement contournable pour qui souhaite se pencher sur les origines du rap et du hip-hop… à condition de passer outre quelques parti-pris discutables.

Chroniqueur
  • Publication 185 vues30 juin 2008
  • Tags Jeff ChangAllia
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Tracklist

  1. Introduction
  2. The Only Difference Between Martyrdom and Suicide Is Press Coverage
  3. London Beckoned Songs About Money Written by Machines
  4. Nails for Breakfast, Tacks for Snacks
  5. Camisado
  6. Time to Dance
  7. Lying Is the Most Fun a Girl Can Have Without Taking Her Clothes Off
  8. Intermission
  9. But It's Better If You Do
  10. I Write Sins Not Tragedies
  11. I Constantly Thank God for Esteban
  12. There's a Good Reason These Tables Are Numbered Honey, You Just Haven't Thought of It Yet
  13. Build God, Then We'll Talk

La disco de Jeff Chang