"> Khruangbin - A La Sala - Indiepoprock

A La Sala


Un album de sorti en chez .

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Nouvel album de Khruangbin, diffuseur de bien-être.

Dire qu’un groupe produit une musique inclassable est quelque peu devenu un lieu commun. Mais il faut néanmoins reconnaître au trio texan Khruangbin une véritable habileté à se jouer des classifications faciles, au point qu’ils sont même parvenus à se parer d’un nom dont la pronociation exacte prête à débat. Cependant, chercher à ranger Khruangbin dans une case n’est pas particulièrement important, mieux vaut se focaliser sur ce que véhicule leur musique, souvent instrumentale, articulée sur une base guitare/basse/batterie classique, agrémentée de temps en temps d’autres éléments pour donner vie à des morceaux assez langoureux, planants, qui invitent à la détente et à l’onirisme.

Ce côté relaxant, presque nonchalant parfois, s’il est une marque de fabrique, constitue en même temps la force et la faiblesse du groupe, et ce nouvel album, qui renoue avec les fondamentaux entrevus sur leurs premières productions, n’y échappe pas. Il y a ainsi sur « A La Sala » quelques moments où tout coule un peu trop facilement, au point qu’on perd le fil. Sensation ressentie sur Three From Two Notamment. Mais il faut vite préciser que ces moments constituent l’exception et que sur « A La Sala », le trio s’impose avant tout comme un véritable diffuseur de bien-être. On ne manque ainsi pas de se souvenir qu’en février, à la sortie de A Love International, le premier extrait qui annonçait aussi la sortie de l’album, le morceau et son clip solaire nous avaient immédiatement plongés dans un cocon d’ondes positives et d’envie de beaux jours.

Un « teasing » plein d’à propos en termes de timing, tout comme la date de sortie de l’album, qui débarque pile alors que les jours rallongent et que la douceur s’installe petit à petit. Gageons alors que les semaines qui viennent auront pour bande son les notes soignées et caressantes de Fifteen Fifty-Three, la douceur exquise du superbe May Ninth, réhaussé de la voix caressante de Laura Lee Ochoa, rare sur ce disque mais toujours pertinente. On pourra aussi se déhancher, toujours dans une douce torpeur, sur les petits accords répétitifs et virevoltants de la guitare de Mark Speer sur Pon Pon, puis s’endormir lentement sur Les Petits Gris. Dans un quotidien souvent agité, instable et, pour beaucoup stressant, « A La Sala » est une bulle zen dans laquelle se réfugier durablement.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Fifteen Fifty-Three
  2. May Ninth
  3. Ada Jean
  4. Farolim de Felgueiras
  5. Pon Pón
  6. Todavía Viva
  7. Juegos y Nubes
  8. Hold Me Up (Thank You)
  9. Caja de la Sala
  10. Three From Two
  11. A Love International
  12. Les Petits Gris

La disco de Khruangbin